Service de Magharebia
Par: Saloua Charfi

Dans le double attentat perpétré à Kampala et revendiqué par la milice somalienne islamiste Al Shabab, proche d’Al-Qaïda, un élément attire l’attention. Il s’agit de la première action d’Al-Shabab hors des frontières somaliennes. Cette première est la conséquence logique de la nature d’Al-Qaïda et de son idéologie. Un mouvement qui se dit universel et qui recrute dans le monde entier, ne peut qu’aboutir à ce type d’opérations extra-frontalières. Le danger de ce genre d’opération est triple.
La possible contagion de ces opérations qui risquent de s’étendre à d’autres régions. Le chef d’Al-Shabab, affirme que ce qui s’est passé à Kampala n’était que le début. Le scénario peut donc se répéter en Ouganda, mais aussi, et vu le succès de l’opération, se propager dans d’autres pays. Sachant que rares sont les pays qui n’ont pas de litiges avec leurs voisins, nous pouvons imaginer la possibilité de l’exploitation de ce précédent pour opérer des représailles par procuration sans que la responsabilité des Etats soit engagée. Autant dire qu’une situation chaotique se profile à l’horizon, échappant aux contraintes de la légalité internationale.
Le second danger concerne la haine que peut susciter de tels actes entre citoyens de pays voisins. A Kampala, des informations font état d’une tension croissante entre Ougandais et Somaliens. Les voisins étant souvent appelés à cohabiter et à échanger services et marchandises, un tel ressentiment risque d’affecter l’économie régionale dans des pays classés parmi les pauvres.
Enfin l’implication des nationaux dans l’attaque des intérêts de leur propre pays a des conséquences négatives sur la vigilance sécuritaire. Celle-ci se trouve affaiblie car les opérations sont facilitées par des complices nationaux qui n’ont pas à traverser des frontières avec des armes. A en croire les informations ,les attaquants Somaliens ont bénéficié de l’aide d’un complice Ougandais.
La coordination des efforts sécuritaires entre Etats ainsi que la vigilance accrue sont certes nécessaires mais non suffisantes. La sécurité et l’immunité doivent venir de l’intérieur de l’individu, car pour lutter efficacement contre un tel phénomène il faut commencer par renforcer le sentiment de citoyenneté. Ce sentiment est affaibli par la mondialisation mais aussi par la marginalisation politique des citoyens qui, étant exclus de la participation à la direction des affaires de leur propre pays, ne se sentent plus concernés par le devoir de patriotisme et collaborent sans culpabilité aux actes terroristes contre leurs propres citoyens.
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Vos commentaires
commentsAnonyme Il y a environ un an
Le recrutement de ces groupes par de nombreux pays pour régler des comptes internes et externes est le facteur principal de succès de leurs activités terroristes. Il ne faut faire preuve d’aucune tolérance vis-à-vis des comptes étroits de ces pays, en particulier de la part des organismes onusiens internationaux.
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