Service de Magharebia
Par: Mohamed Mohamedou Khattat

Une agence onusienne vouée à la cause des femmes, voilà qui donnera la chair de poule aux « pauvres diables, nous les hommes », (dirait Julio Iglésias), pressés d’exprimer, à tout bout de champ, leur « masculinité » pour protéger leurs « cultures et valeurs masculines ».
Et pourtant, il fallait bien s’y attendre depuis que le concept du Genre a fait sa révolution pour accélérer l’amélioration de la condition des femmes dans le monde et que la promotion des droits et de l’égalité des sexes, est devenue, avec force argument, une incontournable réalité, une indéniable vérité.
Honnêtement, l’adoption à l’unanimité d’une résolution portant création de cette « Entité de l’ONU pour l’égalité de genre et l’autonomisation des femmes » ou, pour faire plus court, «ONU-Femmes», est une sacrée bonne chose pour l’Humanité toute entière quand on sait que, des siècles durant, notre seconde moitié a souffert de discrimination, alors que, « autant les femmes sont capables de mettre au monde des enfants, autant elles sont capables de mettre au monde un monde nouveau » (Simone De Beauvoir).
« ONU-Femmes » pour nos mondes africain, maghrébin et arabe, se doit d’abord de peser de tout son poids pour mettre un terme à la complaisance des gouvernements et l’absence des programmes éducatifs pour traiter des causes et conséquences des discriminations entre les deux sexes qui continuent d’être flagrantes : les hommes sont, en effet, les acteurs clefs (politiciens, diplomates, combattants et seigneurs de guerre, dirigeants …) alors que les femmes constituent la population civile, les réfugiés, les populations déplacées et, au mieux, elles sont femmes chef de famille, etc.
Or, il s’agit aujourd’hui de contribuer au renforcement de la confiance en la femme, sans que ne soit confisquée son opinion ou que ne soit freinée sa capacité à la participation politique, économique et sociale. D’où l’importance de cette structure onusienne qui met la femme au centre d’une attention particulière, lui donnant davantage de chances dans la vie et s’attaquant aux discriminations à travers le monde.
Car la discrimination envers les femmes, qui est le fait de la volonté des hommes et de la domination des sociétés par « des forces politiques conservatrices et inflexibles » et non pas par le fait de la religion musulmane laquelle accorde aux femmes, en principe les mêmes droits qu’aux hommes, cette discrimination, disais-je, est un frein majeur au développement économique et social de notre monde arabe.
Selon un rapport de l’ONU, rédigé par une équipe d’experts arabes, la promotion des femmes est « une condition sine qua non de la renaissance arabe » et il urge de prendre des mesures de « discrimination positive » en faveur des femmes, en leur ouvrant davantage les portes de la santé, de l’éducation et de l’économie.
Cela d’autant plus que la place des femmes est plus faible dans le monde arabe que dans toute autre partie du globe. Le taux de chômage des femmes est ainsi de deux à cinq fois plus élevé que celui des hommes dans la plupart des pays de la région, selon ce rapport.
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commentsAnonyme
Il y a environ un an
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