L'éducation et l'innovation ne peuvent pas seuls résoudre les problèmes des pays du Maghreb

Zghidi_salah-250 Par: Salah Zeghidi

Zawaya090610

Dans le discours systématique qu’il a prononcé au Caire, le président Obama a abordé une variété de sujets et de questions dans le cadre de ce qu’il a présenté comme un appel aux Arabes et aux musulmans… En ce qui concerne la partie de son discours sur les questions de développement, Obama a souligné que l’éducation et la l’innovation seront la monnaie d’échange du 21ème siècle.

La première chose à noter est que la présentation de cette recette, éducation/innovation, comme une solution pour tous les pays musulmans au 21ème siècle – alors que tout le monde est conscient des très grandes différences entre ces pays – ne serait pas utile pour l’identification de la vérité au sujet de la situation de chaque pays séparément ou d’un groupe de pays similaires.

La question réaliste que nous pouvons nous poser est la suivante : dans quelle mesure ceci est-il vrai pour les pays maghrébins ? Les dirigeants de la région sont-ils convaincus de l’importance de cette question ? Ont-ils la volonté politique pour travailler dans cette direction, en la considérant comme la bonne voie pour fournir les solutions nécessaires au problème du chômage des jeunes ?

La question de l’éducation dans les pays maghrébins occupe une place importante parmi les préoccupations des autorités et des sociétés, parce que l’éducation est la principale voie de promotion sociale pour les classes populaires, et elle joue un rôle clé du fait qu’elle fournit les différents secteurs économiques avec des travailleurs spécialisés, techniciens et gestionnaires. Le problème réside dans la différence de situations dans ce domaine.

Le Maroc est confronté à un double problème : il fait face à la nécessité de poursuivre le développement du pourcentage de scolarisation des enfants qui reste encore faible (en comparaison avec l’Algérie et la Tunisie, dans lesquels ce même pourcentage est supérieur à 95%); et en même temps, il est confronté à la question du chômage des diplômés universitaires, qui est un problème commun affectant les trois pays…

Quant à l’Algérie, en dépit d’un taux de chômage plus élevé en comparaison avec le Maroc et la Tunisie, ses capacités financières qui résultent des profits du pétrole et de la nouvelle politique de développement économique maintiennent le rôle du gouvernement. Le pays développe également de grands programmes dans des secteurs sociaux tels que le logement, en plus de son immense encouragement au secteur privé pour l’inciter à investir et à créer des emplois. Tout ceci rend les observateurs plus optimistes, ou plutôt moins pessimistes, à l’égard de cet aspect.

Pour ce qui est de la Tunisie, les observateurs conviennent que le taux de chômage parmi les diplômés, qui touche des dizaines de milliers de diplômés universitaires avec un taux élevé de croissance annuelle, sera le plus grand et le plus grave problème économique et social – et qui peut même devenir un problème politique – dans les dix prochaines années. Nous ne pouvons pas dire que les différentes solutions partielles que le gouvernement a mis en œuvre pour faire face à ce problème au cours des trois ou quatre dernières années peuvent arrêter le flot actuel de chômage produit par les universités tunisiennes.

En guise de dernier mot au sujet de l’innovation, je ne pense pas que des économies dominées par les aspects traditionnels d’un côté, et qui sont intimement liés, en particulier en termes de technologie, aux marchés étrangers d’un autre côté, puissent placer des paris énormes sur les domaines de l’innovation scientifique, technique, industrielle et électronique. L’ensemble de la région restera entièrement dépendante de la technologie européenne, américaine et asiatique.

Vos commentaires

comments

سعيد الكحل Depuis plus de 2 ans il y a

Said El Kahl – La recherche scientifique et technique au Maroc, par exemple – et je ne pense pas que la situation soit différente dans le reste des pays maghrébins – souffre de problèmes administratifs et financiers, en plus de la paresse des professeurs pour travailler sur des projets de recherche scientifique. Une étude sur la politique de recherche dans le domaine des sciences sociales et humaines a révélé que 55% des professeurs universitaires n’ont pas publié une seule ligne tout au long de leur vie, tandis que le total de la production intellectuelle et scientifique dans ce domaine entre 1960 et 2006 a atteint 57.000 références, y compris 30.000 articles, 13.000 livres et 14.000 documents. La production a diminué d’un tiers au cours de la période 2002 – 2006. Cette étude a été réalisée par le sociologue marocain Mohammed El-Cherquaoui pour le ministère de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur, et ses conclusions ont été présentées à un forum national qui a été organisé par le Ministère le mardi 9 Juin 2009. L’étude a montré que la plupart des universités n’ont pas permis à la moitié de leurs professeurs de publier même un document au cours des 15 dernières années, à l’exception de l’université Al-Qarawiyin, l’Université Muhammad Bin Abdullah à Fès, la faculté de droit de Marrakech, et certains instituts d’enseignement supérieur. L’étude a également montré que 7% du budget alloué à la recherche scientifique est axé sur ces sciences, et que le reste est alloué aux sciences exactes, et le budget total de la recherche scientifique dans toutes les disciplines n’atteint pas 1% du budget global, ce qui se reflète négativement sur le secteur de la recherche scientifique. En outre, la promotion dans les rangs des professeurs universitaires ne prend pas en compte les recherches et les études publiées par les professeurs. Tous ces facteurs, et d’autres qui sont liés à la satisfaction des professeurs de leur situation financière – étant donné que leurs salaires sont bas et viennent en avant dernière position dans la liste des salaires – ou de leur statut professionnel (70% d’entre eux sont insatisfaits de leur carrière), feront de la recherche scientifique un objectif inatteignable.

Publiez vos commentaires immédiatement ! Enregistrer

1800 caractères restants (1800 max)

Entrer les chiffres
Button

Autres opinions

Les infos de Magharebia