Service de Magharebia
Par: Mohamed Mohamedou Khattat

Il ne fait pas l’ombre d’un doute que nos pays du Maghreb ont connu cette première décennie des années 2000, de grandes secousses sécuritaires avec, d’une part, le phénomène transfrontalier du terrorisme et ses corollaires de détériorations des droits de l’Homme dûs aux innombrables incarcérations auxquels n’ont pas échappés hommes politiques, leaders d’opinions, journalistes, et, d’autre part, la crise financière internationale dont l’impact, fortement ressenti, n’a pas été de nature à réduire la pauvreté ni soutenir la croissance économique.
Cela est d’autant plus vrai que la lutte contre le terrorisme et les trafics de tous genres qui appellent à des choix stratégiques (dépenses militaires colossales comme ce fut le cas pour l’Algérie qui occupe la troisième place au monde arabe dans le domaine de la dépense militaire juste après le Qatar et l’Arabie Saoudite), le difficile ancrage de la démocratie et la faiblesse du rôle joué par la société civile, sans oublier la criminalité et les violences internes propres à chaque société, tout cela aura contribué à réduire les scores de nos pays de façon significative en matière de paix et de développement durables.
Et même si le classement du Global Peace Index (GPI) revèle que certains pays d’Afrique du Nord, ont vu leur indice de paix augmenter (Tunisie, Maroc) force est de constater que le sentiment de l’insécurité reste omniprésent, au Maghreb, tant de son intérieur que via son voisinage immédiat.
Aussi, des décisions courageuses s’imposent-elles pour nos pays, sachant que, d’après le quatrième GPI annuel, « la paix dans le monde a diminué, l’économie mondiale ne cesse de s’affaiblir et les données de cette année reflètent une intensification des conflits et une instabilité grandissante ».
Et le rapport de préciser que l’amélioration de la paix peut transformer l’économie, aider à réduire les écarts de la pauvreté, promouvoir l’éducation et protéger notre environnement.
Ainsi donc, parmi ces impératives et indispensables décisions à prendre, il y a celles relatives au respect des droits de l’Homme en vue de l’amélioration du bien-être en termes de justice, d’égalité des chances, d’accessibilité aux services sociaux. Car, ce dont ont besoin nos pays pour être pacifiques et développés, c’est d’abord et avant tout le rétablissement des dysfonctionnements sociaux (pauvreté, exclusion, criminalité, violences …), l’instauration des institutions démocratiques, une justice juste, des infrastructures de base, une meilleure éducation, une bonne santé, une presse libre, bref tout qui est à même d’aider à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement.
Encore faut-il, pour nos pays du Maghreb, élaborer une politique pertinente et engager une réflexion en amont sur ses implications sécuritaires, économiques, écologiques et sociales, tant au niveau des personnes qu’au niveau des sociétés.
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