Changer les méthodes d'évaluation pour lutter contre la triche aux examens

Kassouri Par: Driss Kassouri

100526-zawaya-photo

La théorie de la gestion de la qualité totale en matière d’éducation se base sur l’idée que les étudiants ne sont pas le produit principal ni le point focal du processus éducatif ; c’est plutôt l’enseignement des connaissances, des compétences et des valeurs éthiques et esthétiques qui en est le but. Pour y parvenir, quelques règles ont été établies pour évaluer et examiner le processus éducatif à travers des procédures et des méthodes scientifiques, afin d’en assurer la qualité et d’identifier les forces et les faiblesses de ses produits et résultats. Les règlements relatifs aux sanctions et contrôles de comportements liés à la tricherie sont parmi les plus importantes techniques adoptées pour améliorer les résultats.

Toutefois, si l’activation précise, compréhensive et rigoureuse des techniques de lutte contre la tricherie doit se banaliser dans le cadre de la vie scolaire, chaque membre du système éducatif doit alors être conscient de l’importance de ces techniques, et s’y engager afin de préserver la crédibilité et l’égalité des chances. L’élimination effective de la tricherie, en particulier aux examens du baccalauréat, repose sur la planification d’une stratégie efficace pour élaborer et adopter une méthode d’évaluation qui teste la profondeur et le degré de l’intelligence des étudiants, au lieu des simples tests de rendement qui mesurent la quantité d’informations qu’ils ont acquises. Ces tests sont malheureusement adoptés dans la plupart des sujets et des disciplines en dépit de leurs différences. En réalité, les tests de rendement sont considérés comme les plus faibles outils de mesure des objectifs, étant donné le manque de confiance à leur égard, et le fait qu’ils encouragent le recours à la tricherie.

La prise de conscience des étudiants et leurs attentes en matière des méthodes d’évaluation ont un impact significatif sur leurs habitudes d’apprentissage, et la façon dont ils se livrent à l’examen ; et cela détermine aussi le niveau de leur prédisposition à interagir efficacement avec les programmes scolaires en classe. Le dilemme s’aggrave encore plus quand les étudiants sont confrontés à de simples questions superficielles et rebattues, sur un seul passage ou dans un contexte unique, et qui sont presque récurrentes dans chaque examen et chaque année, afin d’accroître les chances de succès des étudiants et d’éviter leurs réactions, et même par crainte d’un été brûlant.

Le modèle des textes et des questions d’examens, comment les étudiants les prévoient, le népotisme des administrations et des enseignants à travers les cours privés, l’inflation des notes des contrôles continus, et la facilitation des examens régionaux, sont autant de facteurs qui aident les élèves à déterminer leurs méthodes de préparation pour l’examen, et la façon dont ils le traitent, puisque tous les efforts d’interaction positive avec les actions éducatives au sein de la classe sont transférés au jour de l’examen, où la tricherie prévaut comme une arme décisive pour atteindre les objectifs, avec la bénédiction des parents dans de nombreux cas.

Par conséquent, le nombre d’étudiants actifs et intelligents qui suivent le chemin de l’éducation profonde est en baisse ; ce sont ces étudiants qui comptent sur leur intelligence et leur conscience, en capturant des idées, analysant des problèmes, identifiant des relations, liant des concepts, et formant des conclusions raisonnables en vue de donner à l’éducation un sens dans leurs vies, et de réaliser l’estime de soi.

La compréhension des méthodes d’évaluation par les étudiants joue un rôle important dans leur orientation soit vers un mode éducatif intelligent, soit vers un comportement frauduleux pour sécuriser leurs chances de faux succès, puisque les méthodes des examens leur facilitent cela de par leur impact négatif sur les étudiants.

Cependant, toutes les formes des tests objectifs et des essais nécessitent d’aller au-delà des évaluations dans un seul sujet, en mesurant les différents types de contenu, et en mesurant les performances en termes de connaissances, compétences et valeurs.

Le rejet des méthodes d’apprentissage artificielles, en adoptant des méthodes profondes respectant tous les moyens efficaces d’évaluation, peut contribuer à atteindre les buts les plus élevés de la connaissance. En effet, les étudiants qui sont motivés pour étudier ne se laissent pas vaincre par les méthodes d’évaluation négative pour tomber dans les abîmes des comportements académiques déshonorants qui sont préjudiciables pour eux et pour le développement de la société.

Stimuler et enrichir l’intelligence, la réalisation, et la curiosité; et améliorer les comportements novateurs parmi les étudiants, sont autant de facteurs qui ont un impact fort et direct sur la reconstruction de la psychologie des étudiants, et l’élimination des pratiques de la triche dans le long terme.

D’autres facteurs qui pourraient accélérer le rythme de succès de la stratégie proposée sont: la réhabilitation de la profession d’enseignement et du rôle de la culture dans la société, la reconstruction des modèles communautaires réussis, et l’accessibilité des jeunes diplômés à l’emploi. En parallèle, de nombreux autres problèmes systémiques devraient être invoqués dans ce contexte, à savoir :

- Éliminer les incertitudes actuelles quant à la crédibilité des contrôles continus et la validité des examens régionaux.

- Baser la réussite au baccalauréat sur la note obtenue à l’examen final national seulement.

- Penser au-delà des tests papier-stylo.

- Considérer les examens oraux.

- Orienter les étudiants en fonction de leurs potentiels, et non pas selon les orientations de la politique éducative.

- Assurer l’adéquation du contenu aux élèves.

- Assurer l’adéquation du contenu aux méthodes d’enseignement.

- Assurer la clarté des objectifs du programme autant pour les enseignants que pour les étudiants.

- Vérifier le niveau académique des étudiants et déterminer s’ils ont besoin de programmes de soutien supplémentaires.

- Adopter des comités d’examen et de contrôle réels et effectifs.

- Adopter une répartition juste et équitable des étudiants des secteurs publics et privés sur les commissions d’examen.

- Mettre à jour, innover, et ne pas interférer dans le système de correction.

- Impliquer les parents dans l’amélioration des performances de leurs enfants et la correction de leurs comportements.

- Développer un système intégré et continu pour suivre les cas d’absentéisme et les traiter en temps opportun.

- Créer des procédures et des régulations de travail au sein des institutions.

- Criminaliser les cours privés qui affaiblissent la valeur des cours en classe et toutes les activités pédagogiques et d’évaluation au sein des institutions.

Vos commentaires

comments

Anonyme Il y a environ un an

La catastrophe de l’aggravation de la tricherie existe en Algérie. La seule mesure susceptible de mettre un terme à cette catastrophe, à mon avis, est de recourir à la Cour internationale afin de punir le ministre complice. Quelle surprise que ce pays ne puisse pas organiser un examen … Et il est même impliqué dans la fraude pour que les réformes soient considérées comme réussies …

comments

Anonyme Il y a environ un an

La tricherie aux examens a évolué, et la tricherie collective a émergé avec la bénédiction de l’Etat lui-même qui vise à poursuivre la politique d’objectifs dans tous les domaines de la vie. L’honnêteté, la crédibilité et le sérieux ont été enterrés dans le monde arabe, dans des funérailles grandioses marquées par la présence de tous les présidents et rois arabes.

comments

Anonyme Il y a environ un an

Il n’y avait pas de tricherie dans les années soixante. La solution pour éliminer ce phénomène est de passer les examens sur ordinateur, en répondant à 100 questions en une heure seulement.

Autres opinions

Les infos de Magharebia