Service de Magharebia
Par: Saloua Charfi

L’examen du baccalauréat ne représente pas seulement la fin d’un cycle d’études, mais il est aussi un test d’efficacité de la politique éducative en termes de curriculum, connaissances et méthodes pédagogiques.
Jusqu’au milieu du siècle dernier, le baccalauréat a été en mesure de produire une main-d’œuvre efficace et une élite influente. Toutefois, il est certain que la capacité opérationnelle du baccalauréat a diminué année après année, ou plutôt d’une génération à l’autre.
L’écart entre ce que les bacheliers apprennent et ce que le marché du travail exige s’élargit continuellement.
Les compétences professionnelles requises aujourd’hui consistent à l’intégration de plusieurs disciplines afin d’aboutir à l’innovation et à la création d’entreprises. Cela exige une formation dans une variété de domaines tels que la communication, les technologies modernes, les langues, la culture d’entreprise, l’environnement et les droits de l’Homme…
Nous savons que l’enseignement secondaire ne permet pas à ses diplômés d’acquérir facilement ces compétences à l’université, vu que les obstacles sont à la fois épistémologiques et pédagogiques.
Épistémologiquement parlant, la quantité domine encore sur la qualité, ce qui n’offre pas aux élèves un apprentissage avec des méthodes de travail modernes.
Et pédagogiquement parlant, l’apprentissage par cœur l’emporte encore sur la réflexion, ce qui mène à entraver et affaiblir l’innovation.
Cette insuffisance a incité les universités à se concentrer sur l’enseignent des fondements pédagogiques aux étudiants au lieu de les préparer à des carrières dans la photographie, la gestion, le contrôle et le leadership.
La tendance technique existant aujourd’hui ne voit pas dans cela un changement radical mais plutot des machines et une technologies dont l’accumulation quantitative conduit à une explosion épistémologique, alors que le changement qui se produit n’est pas seulement une affaire de communication avec une phase actuelle, ni une affaire purement technologique, mais il s’agit plutôt d’un cas épistémologique et anthropologique qui a créé une sorte de rupture relative par rapport à ce qui a été répandu dans le domaine de la connaissance et de la communication. Ceci explique la génération de nouveaux concepts comme le concept de la nouvelle économie qui est basée sur l’innovation et les connaissances plutôt que sur les capitaux et la main d’œuvre.
Tout cela soulève la question de la capacité du système de formation, son adaptation aux exigences du travail et la restauration de la valeur épistémologique et morale du baccalauréat. Et c’est cela qui exige une semi-rupture épistémologique dans le domaine de l’éducation.
Aujourd’hui, nous avons besoin de construire un mode de pensée qui va au-delà des éléments partiels physiques qui composent les équipements et machines, pour parvenir à une nouvelle vision de l’univers et de la vie avec l’être humain au centre.
Nous devons nous diriger vers l’enseignement des modes de pensée aux élèves, ainsi que les méthodes d’accès à la connaissance et la capacité de choisir et de traiter ces connaissances, plutôt que de les apprendre par cœur pour les réciter.
Pour résumer, la diffusion des connaissances en vue de les adapter à de nouveaux objectifs exige l’élaboration de stratégies qui s’appuient sur une nouvelle philosophie d’éducation qui est en accord avec l’UNESCO: “Apprendre pour savoir, apprendre pour travailler, apprendre pour être, et apprendre pour partager”.
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Said El Kahl – Malgré les difficultés rencontrées par les diplômés universitaires pour trouver un emploi dans les pays du Maghreb – les statistiques du ministère de l’emploi au Maroc, par exemple, montrent que 3/4 de ces diplômés sont incapables d’obtenir un premier emploi – de nombreux diplômés se sont inscrits dans des programmes d’auto-formation et de réadaptation suivant les exigences du marché de l’emploi, et certains préfèrent même émigrer vers l’Europe, l’Amérique et le Canada à la recherche d’un emploi, ce qui aggrave le phénomène de l’exode des cerveaux et des compétences. Toutefois, les politiques appliquées par les gouvernements du Maghreb pour moderniser et restructurer leurs économies afin de répondre aux termes de l’engagement positif à la mondialisation, et aux exigences de la concurrence féroce, va forcer les entreprises de tous types à compter sur une main-d’œuvre qualifiée. Cela ouvrira la porte de l’emploi et de la promotion aux classes éduquées qui ont des compétences professionnelles et techniques, et permettra également d’augmenter l’importance du rôle central joué par le baccalauréat dans l’ouverture d’horizons plus vastes au façonnement de l’avenir de l’emploi dans les pays du Maghreb. Il ne fait aucun doute que la politique de migration sélective adoptée par les pays européens fera du baccalauréat une clé pour obtenir des diplômes et des certificats donnant droit à leurs détenteurs soit de s’engager dans le marché du travail local, ou d’émigrer légalement vers l’Occident. Le gouvernement marocain a pris une action judiciaire en ce qui concerne le rationnement de l’obtention de permis de conduire pour les véhicules lourds (camions et autobus), en le limitant aux titulaires d’un baccalauréat. Cette action pourrait contribuer à la réhabilitation de la profession de conduite, et à la réduction des taux d’accidents dans lesquels les pays du Maghreb ont un score élevé à l’échelle mondiale.
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