Les femmes maghrébines: entre les promoteurs de la libération et les partisans de l'isolement

----------------------- Par: Mohamed Yehdih Ould Baba Ahmed

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L’inégalité entre les sexes est un problème épineux dans le monde arabe en général, et dans les pays du Maghreb en particulier. Malheureusement, il y a encore un certain nombre de restrictions et de contraintes qui empêchent les femmes de participer pleinement à la vie politique.

Il existe différentes interprétations religieuses et diverses opinions culturelles et intellectuelles dans ce domaine. Cependant, nous allons essayer – par le biais de cette modeste approche – de discuter de ce qui empêche les femmes maghrébines de participer pleinement à la vie politique. Ces éléments peuvent également être projetés – avec quelques réserves – sur le cas des femmes dans le reste des pays arabes.

Les contraintes les plus importantes, à mon avis, sont les suivantes :

1- Les contraintes culturelles : Elles peuvent être décrites comme la pierre angulaire, car ce qui est approuvé est ce sur quoi le groupe est d’accord, alors que c’est la société qui accepte ou rejette un phénomène. On peut distinguer deux courants dans notre société Maghrébine, ayant chacun leurs propres arguments et justifications :

- Un courant qui peut être qualifié de libéral, ou les promoteurs de la libération de la femme : Ils expliquent l’absence de la participation complète des femmes dans la vie politique par la stagnation intellectuelle, l’arriération culturelle et la discrimination entre les hommes et les femmes. Ce courant considère la femme arabe comme étant entièrement qualifiée pour exercer toutes les tâches, y compris les tâches politiques. Les partisans de ce courent estiment qu’il devrait y avoir une révolution contre les legs qui ne sont pas compatibles avec la vision moderne, notamment les coutumes et les traditions qui sont contraires aux religions et aux lois.

- Un courant qui trouve que la femme est incapable, et c’est ce que nous pouvons appeler les partisans de l’isolement : Ils pensent que les femmes ne sont pas bonnes pour certaines positions politiques, en raison de nombreux facteurs, notamment leurs caractéristiques biologiques qui ne répondent pas aux besoins de ces emplois. Ils estiment aussi que les femmes sont limitées en politique, étant donné qu’elles prennent toujours des décisions fondées sur les sentiments plutôt que sur la raison.

2 – Les contraintes sociales : Il s’agit de la prévalence de l’analphabétisme parmi les femmes Maghrébines, l’harcèlement et la violence contre les femmes par les hommes, les restes de divorce, et les responsabilités d’une femme divorcée envers sa famille

3 – Les contraintes économiques : Il s’agit essentiellement du principe de la dépendance à l’égard de la personne qui génère un revenu ou à l’égard de l’homme, en raison de la propagation du chômage parmi les femmes, et l’absence de revenus pour elles.

De façon générale, nous pouvons dire que ce qui manque aux femmes de certains pays du Maghreb pour participer pleinement aux activités politiques est une prise de mesures pour assurer leur participation obligatoire à ces activités, comme s’en est le cas en Mauritanie, où le gouvernement a obligé les partis politiques de consacrer 20 pour cent de leurs sièges pour les femmes. Malgré ce faible pourcentage, la femme mauritanienne a acquis 17 pour cent du parlement de la Mauritanie, et près de 20 pour cent dans le reste de l’administration, malgré la présence d’un parti conservateur qui tente d’isoler et de marginaliser la femme mauritanienne dans les activités politiques.

En conclusion, les femmes du Maghreb sont encore perdues entre ceux qui préconisent leur isolement d’un côté, et les militants qui aspirent à les libérer de l’autre.

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