Service de Magharebia
Par: Saloua Charfi

La ville sainte de Kairouan en Tunisie a abrité le 16 et 17 mars courant un colloque maghrébin sur le rite malékite.
Il s’agit du second événement consacré à la principale école théologique au Maghreb après celui de Fès au Maroc qui a réuni, en juin dernier, des ouléma marocains et tunisiens pour discuter de la création d’une Union des oulémas du Maghreb Arabe, marquant ainsi leur territoire culturel et le protégeant contre l’intrusion de rites étrangers.
Il faut noter que cela avait déjà commencé en 2006 lorsque des théologiens maghrébins avaient sévèrement critiqué l’immixtion du célèbre théologien égyptien cheikh Youssef Al Karadhawi dans les questions relevant du rite malékite.
Les théologiens viennent donc enfin de tirer la sonnette d’alarme tant attendue depuis les années 90.
En effet la culture et la coutume islamique maghrébine sont sérieusement menacées par des valeurs venues d’autres écoles, musulmanes certes, mais parfois très différentes et même dangereuses.
Cela a commencé avec la robe afghane pour finir avec le Burqaa qui s’est faufilé au Maghreb par le petit écran via les chaînes satellitaires. Il ne faut pas minimiser la charge symbolique de ces modes car elles ne constituent que la partie visible de la montagne des valeurs importées et pas forcément positives.
Prenons le cas de la polygamie qui n’a jamais été un fait de société au Maghreb. En Mauritanie elle est pratiquement obsolète par la coutume locale. En Tunisie le fameux contrat de mariage de Kairouan permettait à l’épouse d’interdire à son mari de prendre une seconde épouse. La polygamie est d’ailleurs abolie par la loi en Tunisie depuis déjà 54 ans. Et au Maroc la première université musulmane a été fondée à Fès par une femme.
Or aujourd’hui il se trouve parmi les jeunes, y compris des femmes, qui réclament la polygamie ou qui adoptent des contrats de mariage ne garantissant aucun droit à l’épouse, et dont le fondement islamique est même douteux. Encore une mode venue des pays du golf.
Si les décisions de la réunion de Fès et les propositions de celles de Kairouan venaient à être concrétisées, les Maghrébins pourraient au moins choisir leur rite en connaissance de cause, car jusqu’ici beaucoup croient que la propagande et le prosélytisme des chaînes satellitaires orientales représentent la parole divine et non pas une école théologique dont l’enseignement a été constituée sur des siècles en fonction des spécificités et des coutumes de pays différents culturellement parlant de ceux du Maghreb.
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Vos commentaires
commentsAnonyme Il y a environ un an
Le gouvernement tunisien doit arrêter la farce de l’interdiction de la polygamie dans les meilleurs délais, car elle nuit directement à notre société conservatrice. Pour de plus amples explications, il convient de discuter de ce sujet avec plusieurs catégories de femmes, les mariées, les fiancées, les divorcées, les veuves, les ouvrières, les directrices, les entrepreneurs, etc…… L’intervention de Mme Dalanda Sahbi à ce propos à la Conférence des femmes qui s’est tenue à Tunis était très intéressante.
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Anonyme Il y a 4 mois
S’il vous plaît, j’aimerais savoir en quelle année a été organisé le séminaire maghrébin sur l’école malékite qui a eu lieu le 16 et 17 Mars. Était-ce en 2010 ? Mohammed.
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