La société civile doit aussi contribuer à la construction d'un Maghreb unifié

Zghidi_salah-250 Par: Salah Zeghidi

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Plus de vingt ans se sont écoulés depuis la création de l’Union du Maghreb Arabe qui comprend la Libye, la Tunisie, l’Algérie, le Maroc et la Mauritanie…

Les dirigeants maghrébins ont établi cette union dans des circonstances caractérisées par deux facteurs majeurs qui ont certainement joué un rôle crucial dans sa création. Le premier facteur est le blocage des perspectives de projets communs arabes dû à l’aggravation des divisions et des crises entre les pays arabes, surtout après environ un an et demi, quand le régime de Saddam Hussein a initié une attaque militaire massive contre l’Etat du Koweït, et a annoncé la suppression de ce dernier et son annexion par l’Irak.

Cet événement a créé une situation critique sur la scène arabe, surtout que plusieurs pays arabes – notamment l’Égypte, l’Arabie saoudite et la Syrie -, ont été obligés d’envoyer leurs troupes rejoindre l’armée américaine pour libérer le Koweït de l’occupation de Saddam Hussein…

Cette situation a incité les maghrébins en général, y compris leurs dirigeants, à se concentrer sur la région du Maghreb et ce qui peut être réalisé par les cinq pays qui ont des intérêts communs sur plusieurs niveaux.

Le second facteur réside dans le progrès rapide réalisé par l’Union Européenne en termes de rapprochement et de coordination, en particulier sur les plans économique et commercial…

Ainsi, il est devenu plus nécessaire que jamais d’unir les pays maghrébins, ne serait-ce que pour être à conditions égales avec ce grand nouveau-né…

C’est dans ces circonstances là que l’Union maghrébine a vu le jour. Plus de vingt ans se sont écoulés, qu’a-t-on donc accompli depuis ? La réalité s’impose : En dehors de l’envoi de plusieurs comités, de l’organisation de centaines de réunions, et de la mobilisation d’un certain nombre de fonctionnaires de haut niveau et leur nomination dans des bureaux dont personne ne sait rien ; l’Union reste un projet sur papier, car aucune étape majeure n’a été prise jusqu’à maintenant.

Les pays du Maghreb traitent avec l’Europe individuellement tout en essayant – chacun de sa part – de défendre leurs propres intérêts. La situation est même devenue douce-amère car il semble que l’UE est plus désireuse que les dirigeants du Maghreb eux-mêmes de voir les pays de la région s’unir.

Il est primordial de réaliser que l’histoire n’attend personne et ne s’arrête jamais, et que le sort et l’avenir des peuples maghrébins sont entrain d’être conjointement construits maintenant, et non pas demain… Le moment est venu pour que toutes les parties concernées comprennent qu’on doit trouver une solution équitable, le plus tôt possible, à la question du peuple sahraoui (la solution ne peut-elle être une confédération solide entre l’Etat marocain et l’Etat Sahraoui ?), de sorte que cette question ne demeure plus un obstacle majeur – comme c’est le cas actuellement – en face de toutes les tentatives sérieuses de la concrétisation de l’Union maghrébine…

D’autre part, est-il raisonnable d’accuser les dirigeants politiques pour leur échec dans la construction de l’Union maghrébine, et d’ignorer le fait que les forces politiques, les syndicats et les mouvements associatifs et culturels jouent également un rôle qui peut être crucial dans le rapprochement des peuples de la région, l’encouragement de l’esprit d’unité et l’exercice de pression sur les régimes au pouvoir ?

Comment se peut-il que nos partis politiques entretiennent de fortes relations avec leurs homologues européens, alors que des liens pareils entre les partis maghrébins eux-mêmes sont inexistants ? Où est l’unification syndicale qui a été annoncée il y a vingt ans au cœur de l’Union Syndicale des Travailleurs du Maghreb Arabe, à part quelques événements saisonniers, la création de bureaux et la nomination de fonctionnaires avec des salaires élevés et des avantages intéressants au siège situé dans la capitale Tunisienne ? Et si l’on exclut les efforts déployés par le mouvement féministe maghrébin pour coordonner entre ses composantes, où sont l’interaction et la coopération entre les organismes culturels de ces cinq pays ? Est-il logique que les tunisiens ne regardent pas de pièces de théâtre marocaines ou algériennes (en dehors des festivals réguliers), et vice versa ? Et où sont les séminaires maghrébins qui réunissent les penseurs et intellectuels afin de discuter des grandes questions auxquelles nos sociétés doivent faire face ?

Vos commentaires

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Anonyme Il y a plus de 2 ans

A l’instar de l’Union Européenne l’UM doit consolider son intégrité dans les échanges et créer un fonds maghrébin de développement régional où toutes les localités reçoivent des aides au développements de projets d’utilité régionale créant une panoplie d’emplois régionaux stables.Telles les gares des trains, les stations hôtelières, les gares routières,les parcs de loisir, les complexes de formations (instituts, Universités,Centres expérimentaux), etc. Sur la base de la libre circulation de personnes et celle des marchandises (Produits locaux non soumis au dédouanement),nous élèverons l’effort à l’adoption de la monnaie unique soit: le ‘Dinar Maghrébin’ dont la parité sera la péréquation des 5 monnaies constituantes.
ABDELALI Ali
Doctorant en gestion
Université d’ADRAR

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