Une bonne dose de volonté politique et plus d’intégration économique

Khattat Par: Mohamed Mohamedou Khattat

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L’UMA, a soufflé, le 17 février 2010, ses 21 bougies. Joyeux anniversaire, oserions-nous entonner, n’eut été le retard intenable et pénalisant accusé par la concrétisation de la construction de notre « Maison Commune » maghrébine, laquelle ne cesse, de nous donner des « maux », (au lieu des mots) pour le dire.

Des maux de l’UMA qui débordent et, du premier sommet des Chefs d’Etats maghrébins en janvier 1990 au dernier en avril 1994, après celui de la fondation à Marrakech en 1989, la plongent dans une telle paralysie qu’elle est dans l’incapacité de convoquer une nouvelle Conférence de ses Chefs d’Etats, depuis le report sine die du sommet, prévu à Alger, en juin 2002 puis en décembre 2003.

Si seulement les objectifs de l’Union du Maghreb Arabe étaient utopiques, l’âge de l’UMA, 21 ans, nous serait encore jeune face au processus de mondialisation galopante qui ne laisse, sur son passage aucune chance aux pays faibles, comme les nôtres qui ne sauraient, séparément aujourd’hui, subsister, chacun, par ses seuls moyens. L’UMA est un choix stratégique d’abord de part l’impératif de l’intégration régionale, compte tenu des défis et enjeux.

Pourtant, la dynamique des regroupements régionaux pour ancrer les liens de fraternité et de coopération entre les peuples, fait son bonhomme de chemin un peu partout, de l’Europe à l’Amérique latine, en passant par les pays du Golfe et terminant, plus près de nous, en Afrique. Mieux, cette nouvelle dynamique mondiale a fait prendre conscience aux uns et autres de nos dirigeants de l’impérieuse nécessité de la relance de la construction de l’UMA qui est avant tout un choix stratégique irréversible.

Le hic est que notre handicap est politique, les dirigeants maghrébins ne voulant pas se réunir. Il est politique d’autant plus que le déficit démocratique est encore grand au Maghreb et que l’acte fondateur de l’UMA complique les choses, notamment en son article 6 du traité de Marrakech, lorsqu’il stipule que « seul le Conseil de la présidence de l’UMA a le droit de prendre des décisions mais des décisions prises à l’unanimité ».

En d’autres termes, il faut bien les cinq Chefs d’Etat de l’Algérie, de la Libye, du Maroc, de la Mauritanie et de la Tunisie soient d’accord pour qu’une décision qui les engage passe. La volonté politique des cinq hommes pour construire l’Union du Maghreb Arabe est-elle plus forte que leurs divergences politiques, que le règlement de l’épineux dossier du Sahara ? Une question qui mine l’UMA, déjà perçue comme une coquille vide.

Heureusement que l’économie est là avec un marché d’environ 100 millions d’habitants, des projets communs, un partenariat solidaire bi- et multilatéral, de bonnes initiatives comme l’installation de la Banque maghrébine de l’investissement et du commerce extérieur (BMICE), dont le capital s’élève à 500 millions de dollars et qui devra contribuer au développement de la coopération intermaghrébine, favoriser l’édification d’une économie compétitive et intégrée, promouvoir les échanges commerciaux et, entre autres, favoriser la circulation des biens et des capitaux.

L’on se souvient que le directeur général du FMI, Dominique Stauss-Kahn, lui a apporté son soutien et appelé à accélérer sa mise en place afin que les projets communs contribuent à surmonter les différends politiques au sein de l’UMA.

Car l’intégration économique du Maghreb est l’ultime secours pour sauver une Union du Maghreb Arabe dont dépendent, si ce n’est pas exagérer de le dire, d’autres ensembles comme l’Union pour la Méditerranée (UPM).

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