Service de Magharebia
Par: Nadia Ait Zai

C’est une question d’actualité sur laquelle les femmes du Maghreb travaillent et particulièrement l’Algérie.
Depuis 2002 il s’est engagé une réflexion pour voir et déterminer ce qui empêchait les femmes d’accéder aux postes politiques et aux postes de décision. Sachant qu’en ce qui concerne les algériennes, ces dernières ayant participé à la guerre de libération de l’Algérie et au combat contre le terrorisme, leur nombre au parlement ne dépassait pas les 6%.
Quelles sont les raisons qui les empêchent d’accéder ?
Pour l’expérience algérienne, après avoir éliminé le recours aux mentalités, la religion, le fait culturel, le code de la famille qui auraient été utilisés comme obstacles à la participation des femmes, il est apparu que la représentativité des femmes passait par la responsabilité des partis qui en étaient le vecteur mais qui ne faisaient rien pour encourager la participation des femmes.
Misogynie, c’est ce que certains d’entre eux ont avancé lors des élections au parlement de 2007 et qui n’a enregistré que l’élection de 30 femmes. Beaucoup de partis, notamment le FLN, le RND et le MSP (parti islamiste) ont vu le nombre de leurs élues femmes diminuer, sinon disparaître et ce au moment ou les femmes, avec la collaboration du CIDDEF, ont engagé un débat sur l’amélioration de la participation des femmes en politique et quels moyens utilisés pour y parvenir.
Le groupe de femmes qui a travaillé à partir de l’étude du CIDDEF (représentativité des femmes au Maghreb et du mémorandum adressé au président de la république pour accorder un quota de 30%) a lancé un débat sur les mesures temporaires préconisées par la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination. Les partis ont réagi en mettant en avant le principe constitutionnel d’égalité, arguant que celui-ci serait en péril si le quota était admis.
Ce sont ces mêmes partis qui ont vu le nombre de leur militantes diminuer, sinon disparaitre. Seul le parti de Louiza Hanoune, le PT, a préconisé l’égalité des chances qu’elle a mis en application et qui a vu le nombre de ses députés femmes augmenter. Elle a démontré par son attitude et mise en œuvre de sa politique que la volonté politique des partis était nécessaire et qu’il fallait la mettre en œuvre.
Les partis sont les vecteurs de la représentativité des femmes en politique. L’expérience algérienne l’a démontré et ce par le comportement des responsables des partis peu favorable à cet engagement. La révision constitutionnelle intervenue en 2009 a vu l’article 31 bis consacrer les droits politiques des femmes et introduire le concept du quota à organiser dans une loi organique. C’est en cours de préparation.
Nous disons à ceux qui nous contestent cet article parce qu’intervenu dans un contexte électoral, nous répondons que pour les militantes que nous sommes, c’est un moyen d’arracher nos droits vu le contexte dans lequel nous vivons. Par ailleurs cet article constitutionnel est nécessaire et sert de base légale à la loi organique pour que cette dernière ne soit pas rejetée par le conseil constitutionnel comme étant contraire au principe constitutionnel d’égalité.
La volonté politique n’est pas suffisante à elle seule bien qu’étant importante, il faut qu’elle soit accompagnée ou contenue dans une loi.