Service de Magharebia
Par: Mohammed Cherkaoui

Accélération du rythme de la vie, problématique du logement à proximité des lieux du travail, instauration de l’horaire continu dans l’administration et crise de mariage, sont autant de facteurs qui ont obligés fonctionnaires du public et salariés du privé à se rabattre entre 12h et 13h et également avant de rentrer le soir à la maison sur des fast food qui ont pullulé comme des champignons à tout coin de rue.
Ce phénomène interpelle certes sur le plan social et économique mais il doit également interpeller sur le plan sanitaire. Le centre marocain de toxicologie et de pharmacologie déclare chaque année plusieurs milliers de cas d’intoxications alimentaires qui sont parfois mortelles, suite à des repas pris dans ces petits coins de bouffe rapide.
La principale question qui se pose : quelles sont les règles d’hygiène adoptés par les gérants de cette restauration rapide ? Les chaines de conservation des aliments est-elle respectée ? Les serveurs et serveuses obéissent-ils aux règles de propreté des mains et de l’habillement, qui sont les seuls garants pour rompre la chaine de contamination par toute affection transmissible par les aliments notamment les hépatites A et les diarrhées. Les services de contrôle des fraudes des ministères concernés disposent-ils de l’arsenal juridique pour sévir en cas de constatation d’un manquement au respect des bonnes règles d’hygiène ?
A mon avis, une des solutions pratiques aux problèmes d’hygiène et de prévention de ces intoxications alimentaires qui ont des répercussions familiales, sociales et économiques, est un meilleur redéploiement des médecins responsables des bureaux municipaux d’hygiène. Ces professionnels de la santé de proximité, qui sont recrutés par les collectivités locales doivent être le fer de lance pour le lancement d’un programme national pour le respect des règles d’hygiène dans les restaurants, les snacks, les souks, chez les coiffeurs traditionnels, les bouchers, etc…
Des pays comme le Maroc qui dispose d’environ 3000 communes urbaines et rurales, pourraient faire une économie de santé et juguler le progression d’un certains nombre de problèmes de santé publique, en assurant une meilleure mobilisation de ces centaines de médecins de communes, actuellement disponibles, qui ne sont pas aujourd’hui rentabilisés à leur juste valeur. Le lancement de ce type de programme nécessiterait obligatoirement l’intervention de l’état, des collectivités locales, et des organismes de la société civile.
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