Là où le terrorisme débarque, le tourisme s’en va

Mahmouad_belhimer-250 Par: Mahmoud Belhimer

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Là où le terrorisme débarque, le tourisme s’en va. Cette règle est applicable au Maghreb arabe, et à tous les pays où des attentats terroristes ont eu lieu, comme par exemple: l’Indonésie (Bali, attentats causant 202 morts en 2002), l’Egypte (la série d’attentats à Louxor et Sharm El-Sheikh), et même les États-Unis d’Amérique (les attentats du 11 Septembre, 2001) qui ont affecté négativement l’activité touristique en raison de la peur suscitée par le terrorisme.

Lorsque les médias couvrent ces événements sur une grande échelle, ils laissent passer un message signifiant que la région n’est pas en sécurité, et que la vie des touristes est en danger à tout moment. Ils font également revivre les douloureuses scènes des horribles attentats terroristes qui ont visé des touristes dans plusieurs régions du monde.

La première répercussion directe de ces actions est la réticence des touristes à aller au Maghreb, et leurs choix d’autres zones touristiques plus sûres, ce qui affecte négativement la croissance de l’activité touristique dans la région.

Il suffit de voir par exemple les conséquences de l’attentat à la synagogue à Djerba, en Tunisie en 2002, sur le secteur du tourisme qui fournit environ 400 emplois et des revenus annuels d’environ deux milliards de dollars: la demande des touristes allemands a baissé de près de 6 % dans les années suivantes.

Quant à l’Algérie, elle trouve d’énormes difficultés à se débarrasser des images honteuses que les médias ont donné sur le terrorisme des années quatre vingt dix, pour les remplacer par des images d’un pays qui a un énorme potentiel touristique qu’il espère développer.

Le terrorisme n’affecte pas uniquement le tourisme, mais il paralyse également divers autres aspects, notamment l’économie, puisque les investisseurs – à la fois locaux et étrangers – ne veulent pas risquer leur capitaux dans des régions troublées, et cherchent plutôt d’autres zones plus stables avec des profits garantis.

Les menaces terroristes sont aussi généralement utilisées comme une excuse pour la répression de libertés et l’imposition de politiques de sécurité. Malgré le déclin du terrorisme dans la région, de simples événements semblables à ceux que nous avons l’habitude de voir dans les pays stables provoquent “une mauvaise publicité” pour la destination du Maghreb, car ils font revivre les craintes de sécurité inspirées par les images troublantes de ces dernières années. Ceci mène à entraver les efforts d’édification d’une industrie touristique qui constitue un pari stratégique pour l’avenir de la région, en tant que fournisseur d’emplois et de flux de devises, et développeur d’autres secteurs vitaux…

Par conséquent, nous devons tout d’abord prêter attention à la couverture médiatique des incidents qui touchent les touristes, vu que les médias font parfois de la “publicité gratuite” pour les terroristes, en donnant un poids exagéré à ces événements, et c’est exactement ce que les terroristes cherchent. Cela peut paraître compliqué puisque les terroristes eux même ont commencé à utiliser les technologies de l’information et de la communication pour faire de la propagande, mais cela peut être contrôlé grâce à l’adoption d’une campagne bien ficelée de relations publiques, qui montrera qu’il est possible de mener une vie belle et normale dans la région.

Le secteur touristique a également besoin d’énormes investissements dans plusieurs domaines, sans pour autant négliger les aspects liés aux systèmes de sécurité qui pourraient persuader les touristes que la destination du Maghreb est à la fois agréable et sécurisée.

Mais la solution durable réside dans la lutte contre la racine du problème, qui est «le phénomène du terrorisme", et qui exige une approche globale (sécurité, politique, économique, sociale et culturelle) pour l’éradiquer, au lieu de s’attaquer à ses conséquences.

Vos commentaires

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Dadi Il y a plus de 3 ans

J’ai bien aimé l’idée exprimée à la fin de votre article, qui peut être considérée comme la meilleure stratégie de lutte contre le terrorisme. Ma question est la suivante: Dans quelle mesure les médias peuvent-ils contribuer à l’éradication du phénomène terroriste? Nous ne comprenons pas la façon dont certains médias traitent de la question. Quand ils écrivent sur les attaques terroristes dans certaines régions, ils les montrent comme un événement isolé et donnent l’impression qu’elles se sont produites par accident (comme ce fût le cas en Tunisie), mais elles ont tendance à présenter les mêmes attaques comme étant une réaction logique qui ne prendra pas fin en raison des crises internes d’un pays donné (comme c’est le cas pour l’Algérie), ce qui montre les terroristes comme des victimes et détruit toute forme de tourisme dans la région.

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