Les Prises d’otages : Un épiphénomène ?

Bergaoui Par: Mohamed Bergaoui

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Depuis quelques années, le secteur touristique est devenu un secteur à problèmes. Si les épidémies et autres pandémies constituaient les principaux maux d’une époque quasi révolue, le terrorisme est aujourd’hui le principal handicap d’une activité devenue au fil des temps l’une des composantes essentielles de l’économie de plus d’une destination touristique. Conscients de cette importance, les terroristes s’ingénient à frapper là où ça fait mal. A l’image de la mondialisation qui a jeté son « dévolu » sur la quasi totalité des pays de la planète, le terrorisme s’est « évertué » non seulement à toucher le maximum de pays et particulièrement ceux dont les économies sont axées sur ce secteur mais également à diversifier ses méthodes.
Aujourd’hui nous pouvons affirmer sans risque de nous tromper que les différentes destinations touristiques ont été frappées à un moment ou à un autre par le terrorisme. L’Egypte, le Maroc, la Tunisie, La Turquie, La Grèce, la France, l’Espagne, et plus loin l’Indonésie, etc. Au départ, ces attentats ont généré de multiples annulations pour les destinations touristiques. Avec le temps, les touristes, de plus en plus convaincus qu’aucun pays n’est à l’abri de ce nouveau phénomène, ont accepté avec philosophie cette nouvelle donne. Les annulations sont devenus plus rares, voire inexistantes.
Si les attentats perpétrés dans plus d’une destination et ayant occasionné plusieurs décès parmi les touristes n’ont terni que momentanément l’image de la destination, quelles incidences les récentes opérations de prises d’otages sur les économies respectives de la Tunisie et du Mali ?
Ces épiphénomènes, somme toute isolés et peu nombreux, n’ont eu aucune incidence sur le tourisme tunisien, toujours fort de ses plus de 7 millions d’entrées de touristes enregistrées en 2008 contre 6,76 millions une année auparavant malgré la baisse de la clientèle autrichienne au cours de cette même période ; sachant que l’unique enlèvement constaté a intéressé deux touristes autrichiens.
Quant au Mali dont le secteur touristique est peu développé (près de 4000 lits), mais constitue une importante composante de l’économie du pays (5% du PIB), le risque est beaucoup plus important. Et pour cause : Les prises d’otages sont plus fréquentes et risquent de porter un coup très dur pour l’économie du pays qui voit dans le secteur touristique une source de richesse et un secteur pourvoyeur d’emploi.
Mais le Mali n’est pas le seul pays du continent africain sous la menace des prises d’otages. Le Niger, le Soudan, la Mauritanie sont également touchés. En faisant régner un climat d’insécurité en Afrique subsaharienne, les prises d’otages risquent d’hypothéquer bien des économies. Y faire face, nécessite une véritable concertation entre les gouvernements des pays concernés. Une concertation qui ne semble pas être prêtes à s’opérer.

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