Service de Magharebia
Par: Jemal Mohamed Oumar

Le Royaume du Maroc a enregistré des progrès remarquables en termes d’engagement en faveur du respect des droits de l’Homme, surtout pendant ces quinze dernières années. Cet engagement est matérialisé par un respect plus prononcé des droits civils et politiques fondamentaux, tels que la liberté d’expression et la liberté d’association. Depuis que le jeune roi Mohammed VI est monté sur le trône en 1999, le Maroc traite les personnes abusant des droits de l’Homme avec rigueur et sérieux.
Toutefois, les circonstances qui ont suivi les événements du 11 Septembre, et les tensions mondiales qui en ont résulté, ont contribué à compliquer les mécanismes de traitement des individus soupçonnés d’appartenir à des groupes terroristes, puisque beaucoup de personnes ont été jetées en prison sur la base d’accusations liées au terrorisme. Par conséquent, la loi anti-terrorisme qui permet l’arrestation de suspects a soulevé beaucoup de polémiques auprès des organisations des droits de l’Homme, sans oublier la sensibilité excessive du gouvernement marocain à l’égard de certains sujets qui sont considérés comme affectant l’image et la dignité de l’Etat, comme la santé du roi et le conflit au Sahara occidental…
En réalité, le Maroc ne constitue pas une exception à la règle en termes des pays qui ont marqué un déclin en matière de la protection des droits civils et des libertés fondamentales au nom de la lutte contre le terrorisme, puisque de nombreux rapports crédibles sur la torture et le mauvais traitement des suspects, et leur privation de leurs droits civils au cours des procédures judiciaires, prouvent que l’éventail des libertés dont se jouissaient les citoyens dans le grand Maghreb commencent maintenant à décliner. C’est également le cas dans de nombreux autres pays partout dans le monde, même aux Etats-Unis et en Europe.
L’adhésion du Maroc à la Commission des Nations Unies des Droits de l’Homme en novembre dernier est similaire à l’obtention d’un certificat de mérite, ou d’une indulgence, de la part de cette commission, puisque cela est arrivé après que la commission européenne ait salué l’engagement du Maroc en faveur de la promotion des droits de l’Homme sur le plan international, suite à l’élection de M. Mahjoub El-Haiba, secrétaire général du Conseil Consultatif des Droits de l’Homme, en tant que membre du Comité des Droits de l’Homme relevant des Nations Unies.
Mme Véronique Arnault, directrice à la commission européenne chargée des relations multilatérales et des droits de l’Homme, a adressé une lettre de félicitations à l’ambassade du Maroc auprès des communautés européennes, dans laquelle elle a déclaré : " L’affiliation de M. El Hiba au Comité des Droits de l’Homme démontre clairement l’engagement du Maroc dans la promotion des Droits de l’Homme sur le plan international ".
Quant au niveau maghrébin, le résultat de cette nomination sera largement positif, puisqu’elle épargnera aux gouvernements maghrébins l’embarras d’être décrits par les militants des droits de l’Homme comme étant des violateurs des droits des prisonniers appartenant à des groupes terroristes, et va donc offrir à ces gouvernements davantage de légitimité de la part du système international, ce qui aura une incidence positive sur les investissements étrangers.
En ce qui concerne l’impact de cette nomination sur les droits de l’Homme dans le grand Maghreb, je ne pense pas qu’il sera significatif, tant que les commissions internationales des droits humains ne sont pas autorisées à visiter les prisons pour les observer de près, et enquêter sur toutes les violations qui se produisent dans les pays du grand Maghreb, comme la marginalisation et la privation de certains groupes sociaux de leurs droits civils.
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