Service de Magharebia
Par: Mohamed Mohamedou Khattat

Il est vrai que la sécurité pose problème au Yémen avec son noyau dur du terrorisme et en Somalie, pays rongé par des conflits interminables donnant libre cours à la piraterie autour de la Corne de l’Afrique.
Mais c’est surtout dans l’arc sub-saharien qui va de la Mauritanie à la Somalie, en particulier au Niger et au Mali (pays à faible résistance), que les regards sont aujourd’hui rivés, Al Qaida au Maghreb Islamique ne cessant de kidnapper des ressortissants occidentaux pour les monnayer contre des rançons afin de renforcer ses ressources financières.
Cela est d’autant plus inquiétant que le Trans-Sahara Counterterrorism Partnership qui avait été initié en 2004 par les Etats-Unis avec la Mauritanie, le Mali, le Tchad, le Niger, le Nigéria et le Sénégal afin d’affronter le défi posé par les organisations terroristes dans la région, n’a pas empêché la bande du Sahel de devenir un point de concentration des trafiquants de toutes sortes (drogues, armes, munitions, cigarettes…) et des activistes de la nébuleuse Al Qaida.
On aura beau bouter dehors les organisations terroristes en Libye, au Maroc, en Algérie, grâce à la collaboration très étroite entre les différents services de renseignement, mais on aura, du coup, contraint les mouvements djihadistes d’émigrer plus au Sud, au Sahel où ils ont trouvé, à la fois, une terre d’accueil idéale pour leurs bases arrière à partir de laquelle ils peuvent mener des actions de terreur et se replier sans être inquiétés et des zones d’approvisionnement « non contrôlées et incontrôlables ».
Si l’on en croit, Soumeylou Boubèye Maiga, l’ancien patron des renseignements maliens et ancien ministre de la Défense, l’AQMI a fait du Sahel « sa 4e région militaire » sachant que « le Sahel est immense, peu peuplé, sous-administré voire pas du tout, avec des territoires qui s’emboîtent les uns dans les autres et des zones transfrontalières très homogènes sur le plan identitaire. »
Je crois sincèrement que le danger est d’abord dans l’immensité du Sahel dont l’espace est commun à nos pays qui n’ont pas une connaissance très fine des réseaux terroristes. D’où l’impérieuse nécessité d’entreprendre une série de mesures concrètes en matière de défense et de sécurité concernant la police, le contrôle aux frontières, les échanges d’informations et la coordination pour l’instruction et les opérations militaires que nos partenaires américains et européens sont déjà disposés à apporter dans le cadre de la lutte contre ce phénomène transcontinental dont ils ne sont pas à l’abri et auquel ils ont opposé une coopération opérationnelle très poussée.
Mais là n’est pas tout. Il faut également que nos pays du Maghreb et du Sahel travaillent à l’avènement de sociétés démocratisées, ouvertes, libres, développées et stables. C’est seulement à ce prix que le danger pourra être écarté. Mais n’est-ce pas là, un tout autre programme ?
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