Service de Magharebia
Par: Baya Gacemi

Si les sans abris ou SDF (sans domicile fixe) sont de plus en plus nombreux dans le monde, en Algérie, le problème est explosif.
Lorsque, dans les années 1970 et 1980, les mendiants et les sdf pullulaient dans les rues des villes marocaines, l’Algérie s’enorgueillissait d’être épargnée par ce problème. En effet, jusqu’alors, les structures institutionnelles et familiales jouaient encore leur rôle grâce à un Etat stable et cohérent. Durant les années 1990, le pays a connu une période de violence exacerbée qui a déstructuré tous les piliers de la société et de l’Etat, laissant la société livrée totalement à elle-même. Des flots de paysans fuyant les campagnes tenues par les groupes armés islamistes se sont déversés sur les grandes villes, notamment Alger. C’est alors qu’est apparu un phénomène sans précédent, celui de ces familles entières (femmes, hommes et enfants) dormant dans les rues, y compris dans les rues principales et les quartiers huppés de la capitale. Occupées à sauver ce qui restait de l’Etat et du régime, les autorités politiques n’ont réagi que très tardivement à ce problèmes. Le problème des sans abris s’est ajouté à la crise du logement qui existait déjà depuis des décennies. Or, penser le régler en s’occupant uniquement des enfants ou des femmes ou des vieux serait en fait la plus mauvaise réponse car cela comblerait des petites failles sans rien régler du tout puisque la question concerne la société dans son ensemble, et ce qui constitue sa base, la famille.
Selon les spécialistes (urbanistes, architectes et autres…), il faudrait d’abord se demander s’il existe une politique d’aménagement du territoire ? A l’évidence, non. Depuis que l’Algérie est entrée dans l’ère du libéralisme, elle a abandonné toute planification, base du développement à long terme. Avec ses 2,5 millions de km2, l’Algérie continue à suivre le schéma de développement des autorités coloniales des années 1950 et privilégier un développement situé uniquement sur la bande sahélienne, c’est-à-dire sur un cinquième de la surface totale du pays tandis que la population a presque triplé en 30 ans. Maintenant qu’une paix relative est revenue, un investissement plus sérieux dans l’agriculture aiderait les populations déplacées à retourner dans les zones rurales délaissées pendant la guerre civile. Et, peut-être, ouvrir des horizons nouveaux en défrichant les hauts plateaux, ces régions immenses qui regorgent d’eau.
Mais, pour cela, il faut d’abord une meilleure gestion de tous les programmes de logements que lance le gouvernement et qui, au lieu d’être attribués à ceux qui en ont besoin, sont détournés par des gestionnaires corrompus.
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Vos commentaires
commentsAnonyme Il y a plus de 2 ans
il faudrait une politique agricole basé, non pas sur une vue a court terme comme c’est le cas actuellement en distribuant des subventions les quelles le lus souvant n’arrive pas aux concérnés mais sont détourné a d’autre fin par un systeme trop burocratisé et incompétant.
mais plutot avoir une vision plus globale et a long terme , par le développement des infrastructure , donner un vrais statut aux terres agricoles , définir des zones agricoles par potentiel de production ( arreté de subventionné la production de lait en zone montagneuse…)
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Anonyme Il y a 11 mois
Je suis bien d’accord que le sans-abrisme augmente considérablement d’année en année. La situation s’empire et personne ne veut aider ; quelques personnes seulement aident mais pas beaucoup.
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Anonyme Il y a 2 mois
Merci pour ce sujet.
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