Service de Magharebia
Par: Adel Rochdy

Comme chacun sait, l’Indice de Développement Humain (IDH) est un ensemble de statistiques qui permettent d’évaluer le degré de développement des pays.
L’IDH remplace l’ancien indicateur de l’ONU qui prenait en compte, exclusivement, les considérations économiques. Le programme des nations unies pour le développement (PNUD) a introduit de nouveaux critères dans le calcul de l’IDH, en incluant la santé (essentiellement l’espérance de vie), le niveau de l’éducation et le niveau de vie (produit intérieur brut et pouvoir d’achat).
Dans quelles mesures ces indices sont-ils utiles aux gouvernements maghrébins pour lutter contre les problèmes sociaux ?
D’abord, l’IDH est une technique qui apporte un sérieux correctif aux anciennes règles de calcul basées, uniquement sur des considérations financières.
Par exemple, un pays annonçait un taux de pauvreté de 5% en s’appuyant simplement sur ce que contient le porte-monnaie du citoyen. Or, dans le calcul de l’IDH, il est impératif de prendre en considération la véritable misère humaine, qui tient compte de l’accès aux soins, à l’éducation et au confort personnel. Ce qui change la donne et on devrait voir ce taux atteindre 15%, voire plus.
Ensuite, il faut savoir que les données à partir desquelles le PNUD calcule son indice de développement humain sont communiquées par les Etats. Gageons de prime à bord que les chiffres communiqués sont édulcorés. Aucun gouvernement du Maghreb ne s’amusera à étaler les misères et les imperfections de son pays à l’état brut. La fiabilité est donc inégale d’un pays à l’autre.
Donc, à la question de savoir si les IDH sont utiles pour les gouvernements, la réponse est non, puisque les chiffres sont donnés par ces mêmes gouvernements.
Toujours est-il qu’un indice sérieux obligerait les gouvernements à se pencher davantage pour résoudre les problèmes sociaux. C’est-à-dire que pour certains pays du Maghreb où des zones sont, notoirement, connues pour être très pauvres et où le niveau de vie est très bas par rapport à la moyenne nationale (nous pensons notamment à la Mauritanie et aux zones rurales au Maroc, en Tunisie, et en Algérie), il est utile de travailler en fonction de ces indices de développement humain, pour pouvoir améliorer les choses.
Les données du PNUD sont, probablement, indispensables mais tant qu’elles n’ont pas pour origine des centres indépendants de recherche et de statistiques, leur fiabilité peut être mise en question. D’ailleurs, et à titre d’exemple, la Tunisie, pays maghrébin où il y a le moins d’inégalités sociales, est classée, indistinctement, au 91ème rang, concernant le taux d’accès aux soins, le degré des libertés publiques, le taux de scolarisation et le taux de participation des femmes à la vie socio-économique. Or, sur ces deux derniers indices, la Tunisie a fait un progrès énorme et dépasse, de loin, ses voisins, la preuve encore que les chiffres ne sont pas tout à fait crédibles.
Si on calcule uniquement en terme financier, il ne fait aucun doute que l’Algérie est un pays riche. Comment expliquer, alors, que jusqu’en 2006, un algérien sur trois vivait au dessous du seuil de pauvreté. La guerre civile a, certes, grandement contribué à dérégler la marche de développement. Cela n’explique pas tout.
Car au-delà de la prise de conscience en faveur du développement durable, il y a, également, d’autres phénomènes à éradiquer, notamment, la corruption, le régionalisme ou encore l’extrémisme religieux, et cela vaut pour l’ensemble des pays du Maghreb.
Les données statistiques du PNUD peuvent servir de sonnettes d’alarme (parfois elles font carrément l’objet de démentis officiels). Mais les gouvernements maghrébins maîtrisent, mieux que quiconque, l’état de leurs pays respectifs. Ils n’ont qu’à retrousser les manches et adopter les réformes adéquates pour réduire les inégalités et diminuer substantiellement le taux de pauvreté.
Ne nous trompons pas, à la base des problèmes sociaux au Maghreb, il y a une inégale répartition des richesses que seules la bonne gouvernance et la démocratie peuvent remédier.
Vos commentaires
commentsAnonyme Depuis 10 mois il y a
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Anonyme Depuis 6 mois il y a
Cet article est très informatif !
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Anonyme Depuis 3 mois il y a
Vous avez amplement raison. Les gouvernements montrent ce qu’ils veulent qu’on voit. Ainsi, ce qui est sur papier diffère de ce qui est sur le terrain. Merci mon pote.
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