Les IDH ne sont pas assez précis et nuancés

Kettab Par: Mouhamed Lemine Kettab

091119-zawaya

Le contexte international mondialisé soumis à la logique d’un libéralisme politico-économique débridé, générateur de profondes inégalités tant entre les différents pays qu’entre les classes constitutives du tissu sociétal de chacun de ces pays, se caractérise plus que jamais par une fracture grandissante responsable d’une polarisation à dimensions économiques et sociopolitiques se traduisant notamment par la division de la communauté humaine en deux camps distincts, un opulent et l’autre démuni et précarisé.

Cette disparité et les sentiments d’injustice qu’elle crée suscitent des frustrations, conduisent à des éruptions de violence, exacerbent l’insécurité et menacent la paix au niveau des nations et la stabilité à l’échelle internationale. Voila pourquoi les gouvernements s’emploient à agir sur les causes de la pauvreté, s’attachent à tout mettre en œuvre pour atténuer les facteurs de la précarité socioéconomique. Ils s’efforcent, pour ce faire, à procéder à la lecture des grandes tendances, à l’anticipation des changements possibles, à la prévention des bouleversements sociaux abruptes et à la gestion prévisionnelle des mutations qui s’annoncent.

La volonté des gouvernements d’appréhender aussi précisément que possible la situation économique, socioculturelle et psychologique de leurs populations, de mesurer leur bien–être et de prévenir leur courroux générateur de conflit et d’instabilité, les a conduit à entreprendre d’évaluer le degré de développement humain dont jouissent leurs peuples, d’apprécier le stade de leur évolution socioculturelle et de quantifier le confort multiforme auquel ces peuples ont accès. A cet effet un arsenal de normes, d’indices et d’indicateurs a été élaboré et utilisé comme étalon de mesure devant permettre de dimensionner diverses situations.

C’est ainsi que l’on se réfère aux concepts de : revenus par tête d’habitant, accès aux soins, nombre de calories consommées, accès à l’eau potable, au téléphone, à l’électricité, au taux de scolarisation etc. Mais ces index utilisés pour mesurer le développement humain, sont-ils réellement efficients pour renseigner de manière précise sur la situation socioéconomique véritable de la population d’un pays donné ?

Rien n’est moins sur ! En effet ces critères déterminés sur la base de moyennes générales tendent à uniformiser les résultats et à glisser sur les différences aiguës, or cette façon d’arrondir les angles et de confectionner des grilles de lecture à partir de moyennes grossièrement calculées et extrapolées ne peut pas permettre une lecture précise des disparités multidimensionnelles qui constituent la trame des inégalités résultant du libéralisme économique sauvage dont l’absence totale de régulation a conduit, comme tout le monde le sait, à la crise dans laquelle le monde se débat encore.

C’est dire que les index de développement humain auxquels il est fait référence de nos jours pour mesurer le progrès économiques des sociétés actuelles, s’ils constituent des indicateurs approximatifs de situations différenciées, sont loin d’être des critères précis qui permettent d’appréhender avec l’acuité requise, les phénomènes sociaux dans toute leur complexité ; et du coup, leur utilité dans la lutte contre les problèmes sociaux ne doit aucunement être surestimée.

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