Service de Magharebia
Par: Abdelaziz Karraky
La grande popularité que connait le football dans le monde aujourd’hui l’a transformé en un domaine où les intérêts politiques, économiques et sociaux interagissent, conférant ainsi aux organes supervisant ce sport un pouvoir supplémentaire que de nombreuses organisations internationales n’ont pas. Cette popularité est aussi influencée par la politique, car elle contribue souvent à accroitre la tension dans les relations politiques entre certains pays, surtout en Amérique latine où les gens aiment la balle ronde énormément. Dans le monde arabe, les fans du football sympathisent avec l’équipe nationale algérienne, vu que c’est la première équipe arabe à qui a pu casser le mythe des grandes équipes internationales quand elle a battu l’Allemagne en Coupe du Monde 1982.
Quant au Maghreb arabe, lorsque l’équipe de l’un de ses pays est exclue, ses fans se tournent vers l’équipe maghrébine qui est encore en compétition pour la supporter.
Ce comportement est régi par plusieurs facteurs, notamment le passé, l’identité et la culture communs de ces pays. Par conséquent, le football pourrait probablement contribuer à restaurer les relations chaleureuses entre le Maroc et l’Algérie.
Le football constitue en effet un pont entre ces deux pays vu la mobilité constante entre leurs équipes respectives. En fait, de nombreux entraineurs et joueurs algériens avaient renforcé les équipes marocaines, et leur avaient rendu d’éminents services. Toutefois, la politisation du sport, comme c’est arrivé en 1979 lors d’un match éliminatoire entre le Maroc et l’Algérie en raison de l’utilisation des médias comme un outil émotionnel pour transformer un match ordinaire en un véritable combat, prouve que les politiciens peuvent tout se permettre pour élargir le cercle politique. Cette rencontre sportive a été en fait considérée comme une bataille entre les politiciens, plutôt qu’un match régi par une concurrence sportive honnête, vu les grands changements sans précédent dans l’histoire du sport du Maroc qui ont eu lieu au sein des organes de gestion du football juste après ce match.
À la lumière des relations politiques actuelles entre le Maroc et l’Algérie, il est certain que toutes les dynamiques des autres domaines seraient marginalisées pour laisser place à la domination de la politique et à la soumission à l’usage qu’elle souhaite. Bien que l’économie soit le générateur du rapprochement politique dans d’autres coins du monde, comme l’Europe, la situation est complètement différente dans le Maghreb arabe où l’équation exige que le rapprochement politique survienne en premier lieu, pour ensuite donner vie à d’autres domaines. Cette équation condamne tous les autres types de rapprochement à rester fragiles et conjoncturels.
Osons dire qu’un rapprochement réel entre le Maroc et l’Algérie doit d’abord commencer par l’établissement de plans communs pour l’avenir, et l’abandon de tous les stéréotypes qui ont été formulés dans le passé par chacune des parties envers l’autre. Deuxièmement, examinons la géographie de la région qui rapproche les deux pays sans imposer aucun obstacle naturel entre eux. Et troisièmement, nous devrions être en mesure d’énumérer les avantages qui résulteront de notre rapprochement, et les pertes déjà causées, ainsi que celles qui continueront à s’accumuler encore, en raison de notre séparation.
Vos commentaires
commentsAnonyme Depuis plus de 2 ans il y a
Bonsoir Monsieur. Ça me manquait de lire vos brillants articles qui imposent le respect aux lecteurs, même s’ils ne sont pas d’accord avec vos idées. Les peuples marocain et algérien ont en effet beaucoup de choses en commun, mais l’impact des politiciens chamboulent les émotions mutuelles des deux peuples, la preuve de cela est l’incapacité des peuples du Maghreb d’exiger l’ouverture des frontières entre les deux pays, et d’imposer leur volonté aux politiciens. Les peuples du Maghreb arabe sont unis par des facteurs qui n’unissent pas d’autres nations, mais l’idée qui fait obstacle à l’union des deux pays est le fait que les politiciens dans les pays du Maghreb arabe sont régis, ou plutôt contrôlés, par un complexe de supériorité. Ils ont tous envie d’un Maghreb arabe uni, mais à condition d’être le pays le plus fort dans cette union. Tant que l’unité n’est pas considérée comme une coopération bilatérale qui requiert une abnégation de toutes les parties, elle restera un rêve difficile à réaliser.
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Anonyme Depuis plus de 2 ans il y a
J’avais décidé de ne pas commenter votre article qu’une fois que le match entre les deux pays frères soit terminé, or je me suis rendu compte que certains aspects que vous avez évoqués dans votre article sont effectivement vrais. Les autorités politiques des deux pays ont usé de ce match pour attirer l’attention de leurs peuples sur les inconvénients de la politique. Par conséquent, la critique constante envers l’autorité a été transformée en des discussions sur les équipes. De nombreuses villes dans les deux pays ont témoigné des préparations des forces publiques afin de contrôler les résultats de l’élargissement du cercle de la politique, comme vous l’avez dit, pour inclure le sport. Quel dommage de voir les peuples arabes substituer les victoires dans tous les domaines de la vie par les victoires du football.
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Anonyme Depuis plus de 2 ans il y a
Que la paix soit avec vous. Les peuples marocain et algérien entretiennent des relations fortes et anciennes qui durent depuis des années. Ils forment une famille unifiée depuis longtemps, et cela se reflète dans les relations familiales et les liens de parenté qui existent jusqu’à nos jours surtout ici dans la région de l’est du royaume. Il n’y a pas de conflits ni d’animosités personnels entre les deux peuples, ce qui est un fait connu. Quant au football et au bruit récent sur le support des marocains à l’équipe algérienne, je pense que c’est seulement une forme de représailles contre l’équipe égyptienne. Quant à savoir si le football pourrait servir de pont entre le Maroc et l’Algérie, je crois qu’il n’en sera pas ainsi tant que les autorités politiques restent les mêmes vu qu’elles sont incapables d’améliorer les relations maroco-algériennes, notamment en ce qui concerne l’ouverture des frontières entre les deux pays malgré les nombreuses tentatives du Maroc, ainsi que la résolution du problème du Sahara marocain. La relation entre les deux peuples a toujours été bonne, mais le problème réside dans les pouvoirs politiques.
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Anonyme Depuis plus de 2 ans il y a
cher professeur
j ai lu votre article je dois dire qu il a touche un point essentiel dans la vie des peuples arabes vous avez tout a fait raison lorsque vous avez parle de la politisation du sport et bien je cque chez tout les regimes qui souffrent de carence en democratie les pouvoirs ont besoin de tout les evenements qui touchent la masse pour consolider un peu la legitimite ce qui est le cas et pour l egypte et pour l algerie je dois dire que les sports populaires surtout le foot est un tres bon instrument pour desorienter l opinion publique et l empecher de s interesser a ses problem
elmeki frifras
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Anonyme Depuis plus de 2 ans il y a
Les autorités se sont finalement réveillées de leur profond sommeil et ont senti de la sympathie envers leurs pauvres peuples; elles ont demandé à tous les cadres, employés, et agents de servir le peuple, assurer son confort, et lui fournir tous les types de moyens de transport. Elles ont également déployé des moyens de l’armée afin d’assurer un maximum de confort aux citoyens. Et dans un élan de générosité digne de Al-Hatimi, les billets d’entrée étaient même offerts gratuitement aux citoyens pour assister à un match de football que de nombreux journalistes ont considéré comme un combat qui exige de se vanter de nos racines et descentes, mentionner nos gloires et championnats, et rappeler à ceux qui l’ont oublié, ou feint d’avoir oublier, que Antar ibn Shaddad est toujours présent parmi nous, et que nous sommes en fin de compte ses petits-fils qui errent et décapitent les gens. Et tout ça à l’occasion d’un match de football. Quelle vraie mascarade ! Et quelle terrible misère pour nos politiciens qui n’ont pu rien réaliser ! Ces politiciens ont donc politisé le football et mené des guerres réelles, mais dans un domaine où l’éthique est un pré-requis pour la compétition. C’est pour cela que j’ai bien aimé votre article, surtout que vous avez parlé de l’élargissement du cercle politique. J’aurais aimé que cet élargissement ait plutôt inclut la corruption, les pots de vins, le népotisme, et toutes les formes de sous-développement qui prévalent dans de nombreux pays de notre nation arabe, et que la politique soit restée loin du football, qui est en fin de compte juste un sport et un jeu. Mehdi Al-Wancharissi.
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