La politique handicape tout le reste

Khattat Par: Mohamed Mohamedou Khattat

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« Si la nature est menacée, nous le sommes aussi », se sont sans doute dits les cinq pays membres de l’Union du Maghreb Arabe (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie), avant d’exprimer leur volonté à adopter une position commune à la veille de la 15e conférence de Copenhague en décembre prochain. Car ils sont des plus exposés aux conséquences dramatiques des changements climatiques avec ce que cela comporte d’abord comme crises humanitaires, exodes, atteintes aux droits de l’homme… Mais aussi et surtout parce que les changements climatiques exercent des impacts considérables sur les écosystèmes et le climat local, accroissant la désertification, la dégradation des terres et la perte de la diversité biologique. D’où l’intérêt majeur pour l’UMA de se préparer au mieux au rendez-vous crucial de Copenhague.

La troisième réunion du comité permanent de la désertification, de l’environnement et du développement durable de l’UMA, tenue à Tripoli le 25 février dernier, avait permis aux participants de prendre connaissance des projets réalisés dans le domaine du développement de la couverture forestière et les compagnies de reboisement, de la lutte contre l’avancée des sables et la désertification, de la lutte contre l’érosion… Ils avaient alors exprimé leur volonté de la mise en œuvre d’une politique préventive qui se base sur la sensibilisation aux risques des changements climatique et l’exécution des plans d’adaptation dont l’objectif est de limiter les impacts négatifs sur les écosystèmes de la région.

Cette préoccupation environnementale des pays de l’UMA, fort justifiée par le fait que le dérèglement du climat peut avoir des conséquences catastrophiques et irrémédiables qui les amèneraient alors à affronter, en ordre dispersé, les défis de l’insécurité alimentaire, de la rareté des ressources halieutiques et du manque d’eau, devra cependant être accommodée à l’intégration économique projetée dans le cadre d’une zone de libre échange pour un marché commun potentiel de 90 millions de consommateurs. Un marché où les économies sont complémentaires, la région renfermant près de 3% des réserves mondiales en pétrole, 4% des réserves en gaz naturel et 50% des réserves prouvées en phosphates. Un marché aussi où « un accroissement conséquent des échanges apporterait deux points de croissance supplémentaires à chacun des pays et permettrait de réduire le chômage » qui frappe notamment les jeunes maghrébins tentés par l’immigration.

Le malheur est que l’intégration économique maghrébine tarde à venir malgré les injonctions répétées des partenaires internationaux de l’UMA, comme celle du Fonds monétaire international (FMI) dont le directeur Dominique Strauss-Kahn a demandé, en novembre dernier, aux pays maghrébins de s’appliquer à eux-mêmes les relations qu’ils entretiennent avec l’Union Européenne où ils effectuent globalement près de 80% de leurs échanges contre moins de 3% de commerce interrégional entre eux.

Selon le Secrétariat Général de l’UMA, le retard dans le processus d’intégration maghrébine coûte, à chaque pays de la région, 2% de son taux de croissance annuel
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Et l’on doit à la vérité de dire qu’aussi bien les questions climatiques, économiques que sociales ou de stratégie durable au sein de l’UMA sont intimement liées aux clivages politiques qui minent ce regroupement de l’intérieur avec le dossier du Sahara occidental, des frontières fermées entre les uns et les autres, etc.

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