Service de Magharebia
Par: Jemal Mohamed Oumar
Il ne fait aucun doute que l’apprentissage des langues étrangères, notamment de celles que l’on appelle les « langues vivantes », est devenu plus que nécessaire pour les habitants du monde en développement ou, selon la classification économique désormais communément admise, les habitants des pays du Sud. Ces « langues vivantes » sont celles qui sont aujourd’hui les plus répandues, en particulier l’anglais. Cela est dû au fait que les pays qui dominent aujourd’hui l’économie mondiale, comme les États-Unis et la Grande Bretagne, sont anglophones. En deuxième place, on trouve d’autres langues européennes, le français, l’espagnol, l’allemand et l’italien.
L’importance et la propagation de ces dernières dépendent de plusieurs facteurs, comme le nombre d’habitants de ces pays parlant ces langues, ainsi que l’importance des populations dans les pays autrefois colonisés par ces pays européens. La plupart des pays du Maghreb arabe utilisent le français comme seconde langue du fait des relations qu’ils entretiennent avec leur ancienne puissance colonisatrice, la France. Il en va de même pour les pays africains autrefois colonisés par la Grande-Bretagne, comme le Ghana et le Nigeria, et pour ceux qui furent placés sous la domination espagnole.
Par ailleurs, l’apprentissage des langues étrangères est devenu extrêmement important pour les populations des pays en développement, y compris ceux du Grand Maghreb arabe, qui font leurs premiers pas dans une économie fondée sur la science moderne et dans lesquels les pays étrangers (États-Unis et Europe) ont de grands intérêts.
D’où la nécessité d’apprendre ces langues, pour pouvoir bénéficier des sciences modernes que ces pays maîtrisent parfaitement. Dans l’esprit des peuples du Maghreb arabe, et des habitants des pays en développement d’une manière générale, tous les développements des sciences appliquées, les innovations qui en découlent et les industries développées auxquelles elles donnent naissance, sont associés à la connaissance de ces langues étrangères. C’est la raison pour laquelle les ministères de l’Éducation des pays du Maghreb ont commencé à adopter l’enseignement de langues étrangères dans leurs programmes dès les plus petites classes. Ils ont même ouvert des filières universitaires pour l’enseignement de ces langues au niveau scolaire. De surcroît, les écoles de commerce spécialisées dans l’apprentissage de ces langues connaissent un essor important.
Mais malgré l’attention portée à l’enseignement des langues étrangères, les pays du Maghreb se sont efforcés de préserver la culture locale, qu’ils ont incluse dans de nombreux aspects de l’apprentissage préscolaire, ce que l’on appelle communément « kuttab ou mahzra », et même dans certaines institutions fonctionnant parallèlement à l’enseignement moderne, comme les instituts religieux consacrés aux sciences de la sharia, aux sciences arabes et aux sciences connexes. Certains de ces instituts ont adopté des programmes qui intègrent les langues étrangères pour permettre à leurs élèves d’avoir accès au marché du travail après leur diplôme.
De plus, les gouvernements du Maghreb et les responsables en charge de l’éducation sont parfaitement conscients du fait que ces langues étrangères ne contredisent en rien la dimension culturelle locale, et que l’apprentissage de ces langues vise avant tout à en faire un vecteur de communication et de transfert des connaissances, et non un moule de la pensée unique.
Vos commentaires
commentsAnonyme Depuis plus de 2 ans il y a
Assalam. Que la paix soit sur vous tous au Maghreb. Quelle honte pour la plupart de nous dans nos grandes nations. Il semble que les nouvelles générations ne peuvent même pas parler arabe. Nous devons retourner à l’ancien système dans nos écoles. Moi j’ai grandi à Salé au Maroc, et mon génération à l’époque parlait couramment arabe, français, et anglais. Nous devons faire quelque chose à propos du système éducatif dans nos écoles. Je suggère qu’on consacre les matinées aux sciences et langues, et les après-midi aux sports, etc.. Quant aux savoir-faire, tels que la construction, l’électricité, la menuiserie, l’électronique… on doit les inclure aussi dans le programme, sinon nous n’arriverons à rien faire du tout, et nous ferons appel aux chinois dans le futur pour faire ces travaux dans nos pays.
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