Service de Magharebia
Par: Baya Gacemi
Les débats sur les risques de pandémie de grippe A (ou grippe porcine) due à la propagation du virus seulement H1N1 a atteint bien sûr les pays du Maghreb.
Désormais bien informés sur tout ce qui se passe ailleurs grâce aux chaines satellitaires, les Maghrébins emboitent le pas aux Occidentaux à propos de tout.
Sauf, qu’en l’occurrence, ce ne sont pas les populations mais les gouvernants qui ont repris ce thème à leur compte, pensant faire croire ainsi à leurs administrés qu’ils s’occupent de leur santé. Les opinions nationales n’étant jamais consultées, et aucun débat sérieux n’étant tenu, les véritables décisions risquent de se prendre dans la précipitation et dans l’opacité la plus totale. Avec 160 cas au Maroc, 47 en Algérie, et quelques rares cas dans les autres pays, y a-t-il vraiment lieu de s’inquiéter ?
D’abord, si c’était réellement le cas, les sujets d’inquiétude en matière de santé et de prise en charge sanitaire ne manquent pas dans ces pays. Car, à part la Tunisie où le niveau en la matière est relativement correct, dans les autres pays les décès par manque de soins ou de négligence médicale sont courants. Même en Algérie où la politique de la « médecine gratuite » avait donné, il y a quelques années, quelques bienfaits, aujourd’hui la régression est visible (recul de la vaccination, réapparition de maladies éradiquées telles que la tuberculose, voire la peste).
Sur le plan strictement sanitaire, dès le début, les cinq pays du Maghreb ont annoncé l’importation de millions de doses de vaccins, donnant ainsi l’opportunité à des laboratoires occidentaux de s’engouffrer dans la brèche médico-commerciale sans apporter la moindre preuve de l’efficacité de ces vaccins. Et donnant du même coup l’opportunité, comme en Algérie, aux lobbies du médicament de s’emparer d’un marché juteux. En vérité, après les effets d’annonce, il s’avère que très peu de doses du vaccin ont été réellement reçues.
Ensuite, si les experts de ces pays se sont bien rencontrés pour comparer leurs expériences dans le domaine, les gouvernements ont, quant à eux, réagi chacun selon ses habitudes. Ainsi, concernant le pèlerinage du hajj, la Tunisie, prompte à toujours restreindre les libertés de ses citoyens, a tout de suite interdit la « omra », n’osant pas étendre l’interdiction au grand hajj.
Quant aux autres pays, ils ont seulement appelé à la vigilance craignant de titiller leurs islamistes locaux. Ce qui prouve que la gestion de cette maladie obéit avant tout à des critères politiques.