Service de Magharebia
Par: Mouhamed Lemine Kettab
Depuis sa récente apparition fortement médiatisée, la grippe porcine a soulevé de par le monde un grand tollé et provoqué une terreur tétanisante que d’aucuns semblent vouloir, pour des raisons qui ne sautent pas aux yeux, attiser et entretenir.
Or quand on considère cette situation, des constats plus que troublants s’imposent à nous et nous interpellent fortement. En effet bien que cette maladie n’ait fait, depuis son apparition voici plus de six mois, que 200 morts de par le monde, ce qui est fort peu comparé aux 500 000 victimes de la grippe ordinaire et vraiment insignifiant par rapport aux ravages du SIDA (un mort toutes les 10 secondes),aux incidences du paludisme (250 millions de personnes affectées dont 1 million décèdent chaque année),aux effets cataclysmiques de la faim (qui touche 1 milliard de personnes)et à l’impacte désastreux des accidents de la route (1,3 million de morts et 50 millions de blessés chaque année), etc.
Pourquoi alors la grippe porcine serait –elle plus dangereuse et plus effrayante que tous ces désastres au point de justifier l’élaboration par nombre de pays occidentaux d’un plan de vaccination obligatoire alors que le vaccin contre la grippe espagnole qui existe depuis plus de 40 ans n’a pas eu l’impacte escompté sur cette maladie ?
D’autre part, ce qui met mal à l’aise et sème le doute dans les esprits, c’est le flou artistique qui entoure la nature même du virus de la grippe porcine qui résulterait, dit-on, d’une mutation de celui de la grippe ordinaire… Plus troublant encore est le fait que le brevet de vaccin contre la grippe porcine (H1N1) semble avoir été déposé en 2007, soit deux ans avant l’apparition de la maladie elle-même !
Que doit-on par ailleurs penser de la signature le 9 mai 2009 par le président français d’un contrat d’investissement d’un montant de 100 millions d’Euros pour la construction d’une usine de fabrication du vaccin de la grippe porcine au Mexique, premier foyer déclaré de la maladie ?
Enfin comment doit-on interpréter le refus de 50% de médecins Britanniques de se faire administrer le vaccin de la grippe porcine ?
Ce sont là des faits d’autant plus troublants que rien ne justifie la priorité accordée à la grippe porcine par rapport aux autres pandémies autrement plus dévastatrices et aux situations infiniment plus catastrophiques pour l’humanité ; à moins que les desseins poursuivis et les objectifs ultimes visés ne procèdent d’une autre logique et ne dénotent d’autres préoccupations d’ordre mercantile et à but résolument lucratif celles-là, en l’occurrence la production massive et la commercialisation à grande échelle du fameux vaccin mis au point contre cette maladie et ce à la faveur d’une panique méthodiquement suscitée et grâce à une politique volontariste habilement menée. Ce n’est là qu’une hypothèse d’école mais qui est, au demeurant, tout à fait plausible.
S’agissant des pays maghrébins , il conviendrait à mon avis pour eux, de ne pas céder à une frayeur réelle ou simulée inspirée et motivée par des préoccupations qui ne sont pas les leurs et d’accorder plutôt la priorité à l’élaboration et à la mise en œuvre de politiques susceptibles de faire reculer l’analphabétisme et la pauvreté absolue, véritable substratum des pandémies bien plus meurtrières pour leurs populations et le genre humain tout entier que la grippe porcine, contre laquelle il faut ,somme toute, prendre toutes les disposition appropriées sans pour autant verser ni dans la mystification ni dans l’imposture que certains pourraient être soupçonnés d’ instrumentaliser pour réaliser des desseins inavoués.
Vos commentaires
commentsAnonyme Depuis plus de 2 ans il y a
En ce qui concerne l’analyse, l’article est bien distingué, d’autant que l’auteur a utilisé des statistiques comme méthode. Celui-là a rendu le message précis et profond. Nous, les fils du Maghreb, avons vraiment besoin de précision et une approches scientifiques, loin de l’impulsivité et les émotions. Toutefois, le professeur n’a que mis l’accent sur un seul point, en disant que le tiers monde vit ce qui est pire que la grippe porcine. Il a mentionné certaines maladies liées à la physiologie, mais il aurait du noter certaines maladies sociales qui rongent les individus et les groupes à la foi, y compris la toxicomanie, l’intolérance des opinions, et la violence à l’école ou dans le sport. Notre crise est plus profonde que les épidémies occasionnelles, qui ne durera pas plus de quelques mois ou même une année. Nous, les fils du Maghreb et du tiers-monde, vivons une crise d’identité, une crise de civilisation… Nous avons besoin d’une vaccination pour l’esprit, non pas pour le corps. -Fils de Sabasseb, Mohamed Ghadbani, Tunisie.
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