Service de Magharebia
Par: Mohamed Foily Samba

J’ai toujours en mémoire les terribles images qui ont marqué la finale de la Coupe d’Europe des Clubs Champions entre les équipes de Liverpool et la Juventus de Turin, le mercredi 29 mai 1985 au Stade Heysel en Belgique. Ce drame du football européen, suivi par bien d’autres, illustre parfaitement le danger des violences dans les stades, qui, malheureusement, provoquent mort et la désolation parmi d’innocentes personnes venues communier et échanger autour d’une même passion.
Pour avoir eu à participer à de nombreux événements sportifs de portée mondiale, je pense très sincèrement que pour traiter ce « phénomène de société », il faut dépasser le périmètre du stade sportif pour s’ouvrir au monde extérieur, et tenter de comprendre ces personnes. Qui sont-elles ? Pourquoi agissent-elles ainsi ? Il est important de cerner la personnalité de ces personnes, qui apportent la violence dans un espace où elle est totalement bannie. Un match de football ou de basket-ball doit se terminer par une poignée de mains entre les adversaires et les supporters, quel que soit le résultat. D’ailleurs le premier geste d’un entraineur d’une équipe, vaincu ou vainqueur, est d’aller féliciter son adversaire. Un geste pour donner l’exemple parce que c’est la loi du sport.
A coté de cet aspect psychologique très important dans la prévention de la violence, il y a des mesures sécuritaires qui s’imposent d’elles-mêmes pour éviter les violences.
Les stades, qui sont les lieux où se déroulent généralement les violences, doivent être conçus de manière à éviter que les débordements ne se transforment en drame. D’ailleurs les anglais ont supprimé les barbelés pour éviter les bousculades qui appellent souvent à la violence. Les entrées des stades doivent être conçues de manière à permettre une grande fluidité pour les spectateurs.
Au niveau des clubs de sport et des fédérations sportives, on doit pouvoir apprendre aux supporters les « bonnes pratiques » en véhiculant les valeurs du sport qui sont basées sur le respect, l’amitié et la fraternité. Les responsables de ces structures doivent créer des cellules nationales de prévention, et bâtir des coordinations des supporteurs pour renforcer la promotion de la prévention sur le terrain. En impliquant davantage les supporters, qui sont les premiers concernés par ce phénomène, ils leur font endosser une grande responsabilité et ils seront plus efficaces pour lutter contre les minorités, qui viennent au stade pour la violence et non pour le spectacle. Ceux que l’on appelle généralement les hooligans.
Pour que l’action soit efficace, il faut interdire des stades toutes les personnes ayant déjà commis des violences. Pour cela, un moyen de contrôle doit être mis sur place dans tous les pays pour pouvoir les surveiller. Bien sûr, cela n’est pas évident pour l’Afrique qui manque encore de moyens de surveillance sophistiquées, mais l’Europe et les Amériques, qui sont le théâtre des plus grandes violences dans les stades, en ont les moyens.
Il s’agira également du renforcement des obligations contractuelles des différents partenaires par le développement de contrats locaux de sécurité signés avec les clubs et par la mise en place d’un code de déontologie à l’usage des supporters, dont le non respect entraînera la révocation pure et simple.
A côté de cela, il y a les mesures techniques pour dissuader tous ceux qui veulent s’adonner à la violence.
D’abord, le renforcement du rôle des personnes assurant une partie de la sécurité des stades sous l’autorité et le contrôle des forces de police, la généralisation du système de vidéo surveillance, la mise en place de portails sécurisés, l’emploi généralisé des filets afin d’éviter les jets d’objets sur le terrain, ainsi que l’interdiction de la vente d’alcool et la fouille systématique.
Enfin, il y a aussi le fait de dépassionner le sport parce que certaines violences sont souvent provoquées par le fait d’une mauvaise interprétation par un journaliste sportif, trop zélé, dont la langue où la plume ont dérapé. C’est malheureusement souvent le cas en Afrique.
Voilà un peu à mon humble avis quelques mesures qui peuvent aider à endiguer les violences dans les stades, qui malheureusement sont devenus un « phénomène de société » regrettable, qu’il convient de combattre. Ne dit-on pas qu’il vaut mieux prévenir que guérir ?
Vos commentaires
commentsAnonyme Depuis plus de 2 ans il y a
Oui, Monsieur, mieux vaut prévenir que guérir. Vous venez de discuter une question très épineuse, mais vous l’avez bien traitée, non seulement grâce à votre style journalistique, mais aussi grâce à votre expertise dans le domaine de la sécurité. Vous nous avez fourni un plan visant à éviter le hooliganisme dans les stades africains en utilisant nos propres moyens disponibles. Vous êtes plus qu’un journaliste, vous êtes un expert en sécurité des stades.
Signaler un abus
Anonyme Depuis plus de 2 ans il y a
Tout d’abord mes félicitations pour l’article dont le contenu est très riche et qui a relaté tous les aspects relatifs à la sécurité et les propositions de solution pour lutter contre le danger qu’engendre les violences dans les stades. J’ajouterais pour ma part que le responsable des violences dans les stades soient considérés tout simplement comme des criminels et que des mesures sévères soient prises à leur encontre. Les Instances sportives internationales doivent harmoniser et uniformiser leurs actions de lutte contre ce phénomène avilissantt qui est entrain de détruire l’image de marque du sport.
Signaler un abus
Anonyme Depuis plus de 2 ans il y a
Je trouve que cet article est bien écris et touche beaucoup de côtés liés à l’holiganisme. Seulement, je pense que pour lutter efficacement contre ce danger, il convient de comprendre les frustrations de ceux qui s’adonnent à la violence parce qu’il s’agit en fait de cela. Trop de rancoeur et frustration consuisent à un comportement irresponsable et dangereux. Les psycholgues doivent être à mons avis associés au traitement de la question. Dans nos pays du Maghreb, ce phénomène n’a pas encore pris son ancrage malgré quelques échafourés ça et cela. Mais on doit s’en inquéter et comme vous l’avez si bien dit: prévenir avant de guerir
Signaler un abus
salahchekiel476 Depuis plus de 2 ans il y a
ce fléau n’est pas une liste de supermarché Mr.Mohamed Foily Samba .
je dirai plutot au lieu de cerner le problème dans toute sa globalité il faut décortiquer les données bruts et les analyser d’une façon ponctuelle.
ce qui se passe en europe, on ne peut pas le prendre comme model en afrique ,et vis-versa qu’en amérique ou autre.
je vous pose une question clé Mr.SAMBA,pourquoi?? de telles dépravation et violences n’existent pas en moyen orient,en chine,ou en japon,première réflexion monsieur WATSON.
revenons à nos moutons,moi j’ai c’est le role de l’école et la justice sociale,et dans tous les cas le gouvernement de chaque pays est impliqué directement ou indirectement.
directement;il s’agit d’une politique locale ou à viseée internationale stratégique et qui dépend des volontées des services secrets.
indirectement,il s’agit là d’une incohérence de gestion,ou plus exactement, des pays sous gérés ou sous tutelle discrète,d’ou la sous-fgestion flagrante,ici l’état est inconscient par rapport aux évènements.
donc le dénominateur commun,est l’école et la justice sociale.
un etre humain qui vit en 2009 agit d’une façon sauvage dans un match de football,et peut meme commettre un crime,pourquoi?,s’il était éduqué convenablement,il n’aurait jamais eu cette vocation de violence tout au contraire ca sera un comportement civilisé qu’il aurait manifesté moi j’ai fait l’université et j’ai jamais comme tous les universitaires fait un acte de vandalisme,barabare ou autre.c’est toujours ceux qui ont quitté l’école plutot qui sèment la zézanie dans les stades et en dehors des stades.
de plus le cas de l’égypt le gouvernement egyptien,dictateur et tyrannique avec toutes les censures et repression des libertées d’expression et de penser le seul moyen est le stade.
Signaler un abus