Service de Magharebia
Par: Saloua Charfi

Dans leur couverture de la récente pandémie de grippe porcine les medias ont eu tendance à insister plus sur le nombre des victimes que sur la prévention et les symptômes.
Nous relevons cela dans la titraille qui annonce souvent en premier, le nombre de décès, même lorsqu’il s’agit de donner des instructions de prévention. Les illustrations insistent aussi sur l’aspect sensationnel en montrant un troupeau de porcs ce qui est de nature à désinformer.
Ce type d’information prédomine sur internet et à la télévision en raison, sans doute, de la contrainte temps qui ne permet pas d’aller au delà de la simple information pour un fait qui n’a pas encore acquis l’aspect scandaleux, sensationnel ou “noble” de génocide, piraterie, et autre vie privée des people.
La presse écrite, ne se contente pas, en revanche, de relayer l’information des agences de presse et se permet de produire un travail de terrain. Elle demeure cependant liée par son statut et par les lignes majeures de la politique de l’information en cours dans son pays. C’est le cas par exemple de la presse tunisienne.
Un quotidien privé, d’expression arabe, s’adressant à une classe moyenne et cultivée; et bénéficiant d’un lectorat important, a présenté une information équilibrée sur les causes, les symptômes et les moyens de prévention. Il a même recommandé de mettre une ligne verte à la disposition des citoyens. Et s’il a dédramatisé, en évoquant la fin de l’hiver, il s’est gardé de parler des risques qui accompagnent la saison touristique, obéissant ainsi à la politique générale de l’information dans le pays qui a tendance à éviter les mauvaise nouvelles et à recourir aux euphémismes.
Un quotidien proche du gouvernement a lui, par contre, adopté une communication trop rassurante. Sur deux semaines il a ressassé des titres-slogans formulé ainsi: suivi, contrôle, plan d’action, aucun cas de contamination, reconnaissance de l’OMS de la haute compétence des laboratoires tunisiens, etc. Les précautions à prendre ou les symptômes de la maladie ont de ce fait été noyés dans le giron rassurant de la multitude de titres affirmant la capacité de défense des structures officiels.
Les quotidiens, plutôt populaires jouissant d’un chiffre de vente bien supérieur aux deux cités plus hauts, ont donné à César ce qui lui revient en adoptant le ton officiel rassurant et ont offert au peuple sa dose de sensationnel. Ces quotidiens semblent prendre un peu trop à la légère le phénomène en se permettant le luxe de parler de “sociologie porcine” et d’accuser l’Homme et les scientifiques d’être à l’origine de nouveaux virus.